L’écriture comme thérapie. Dans son prochain livre "Une vie possible", à paraître le 2 mars prochain aux éditions Stock, Line Papin se livre à cœur ouvert sur les deux épreuves qu’elle a dû surmonter lors des deux dernières années. Après avoir été victime d’une fausse couche alors qu’elle était enceinte de jumeau, l’écrivaine a un an plus tard pris la décision d’avorter.
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Celle qui a épousé Marc Lavoine en juillet 2020 a évoqué son besoin d’écrire et s’est confiée sur ces expériences difficiles dans une interview accordée à nos confrères de Femme Actuelle. "J’ai fait une fausse couche à deux mois de grossesse en 2020 lors du premier confinement, alors que j’attendais des jumeaux. La deuxième interruption de grossesse a été volontaire. J’ai pris la décision d’avorter un an après avoir fait une fausse couche. J’ai tout de suite ressenti la nécessité de poser sur le papier ce qui m’arrivait. Pas dans l’idée de le raconter mais pour l’interroger. Qu’est-ce que sont ces évènements qui me traversent et pourquoi on n’en parle pas ?", commence-t-elle. Ce besoin de livrer et de coucher ses émotions par écrit était primordial dans le processus de deuil de Line Papin. L’écrivaine veut également mettre en lumière la cruauté de la société vis à vis des femmes après de tels drames. "Je ne veux plus porter cette douleur, comme on porte un enfant. Je veux aller de l’avant. Il y a une grande solitude des femmes dans ces expériences de grossesse interrompue. Quand une femme tombe enceinte, on la couvre d’éloges mais quand le bébé ne naît pas, il n’y a pas de poussette, pas d’enterrement, plus de parole. Rien. Juste le silence qui accroît la solitude et culpabilité dans le cas de l’avortement. Ce silence très pesant s’apparente à la honte", explique-t-elle.
Line Papin évoque également l’attitude de Marc Lavoine durant ces moments difficiles. Si l’écrivaine a pris la décision de s’isoler en quittant leur domicile après son avortement, elle a pu compter sur le soutien de son époux. "Il n’a pas posé de question, il a compris (…) J’écris que mon mari ne m’en a plus parlé ensuite. Par pudeur, par peur de remuer des choses, m’a-t-il dit, pour ne pas revenir sur ce qui nous a fait mal. Il allait devenir de nouveau père, son identité allait s’épaissir, puis ça n’a plus été le cas. Lui aussi a été amputé d’un rêve. Seulement, ce rêve ne lui a pas traversé le corps. Il ne l’a pas expulsé à force de médicaments. Il lui a fallu l’expulser différemment", confie-t-elle.
Aurélien Gaucher