La controverse autour du documentaire chrétien "Sacré Cœur" a franchi un nouveau cap à Marseille. Ce mercredi 22 octobre, la projection du film au Château de la Buzine, un lieu culturel municipal connu pour être "Le Château de ma mère" de Marcel Pagnol, a été annulée in extremis par la municipalité. La décision est tombée à peine une heure avant le début de la séance, déclenchant des réactions en chaîne et ravivant le débat sur la laïcité dans les lieux publics.
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Une polémique autour du documentaire de Steven Gunnell
Le long-métrage, réalisé par Steven Gunnell, ancien membre du groupe Alliage, était déjà au cœur d’une polémique après que sa campagne publicitaire a été déprogrammée dans les transports parisiens. Cette fois, c’est la mairie phocéenne qui a invoqué son "devoir de neutralité" pour justifier l’annulation. Dans un communiqué publié ce 23 octobre, elle explique agir au nom d’une "exigence juridique" et se dit tenue de respecter "l’application absolue de la loi et des jurisprudences constantes en la matière".
"Les services de la Ville sont strictement tenus d’appliquer la loi de 1905 : un équipement public ne peut accueillir des projections qui, par leur caractère ou leur contenu, soient de nature confessionnelle", précise la municipalité. Puis cette dernière d’ajouter qu’"Il ne s’agit en aucun cas d’une interdiction du film Sacré Cœur à Marseille" puisque l’œuvre "est projetée dans des cinémas, où chacun peut librement aller le voir", avant de préciser que "Cette déprogrammation n’a donc rien à voir avec une appréciation du film ou une volonté de restreindre la liberté d’expression ou de création".
La descente aux enfers de l’ex-membre d’Alliage : "t’es un has-been"
C’est à cette occasion que Steven Gunnell était l’invité, ce jeudi 23 octobre, de Cyril Hanouna sur le plateau de Tout Beau Tout N9uf. Si l’ex-chanteur a avoué ne pas comprendre le fait que son documentaire ne soit pas diffusé Après Alliage, ça a été un peu… Attends, on parle dessus vraiment là, parce que je n’étais pas prêt en fait", a-t-il avoué à l’animateur.
Puis de finalement raconter : "Pour faire très simple, il y a eu une traversée du désert inévitable qui est arrivée, parce que voilà, marqué au fer rouge, ‘Boy’s band’ sur le front, donc la carrière artistique t’oublie, le cinéma t’oublie, le théâtre t’oublie, la musique t’oublie, il n’y a plus rien. Retour à la case départ avec les dettes, avec la dépression, la solitude, plus personne qui t’aime, plus personne qui t’accueille, plus personne qui t’écoute, t’as plus de talent, t’es une merde, t’es un raté, t’es un has-been, un ringard, donc c’est compliqué".
Steven Gunnell évoque sa volonté d’en finir
Il s’est ensuite souvenu : "Là-dessus, je quitte la France, je m’enfuis en Angleterre, étant d’origine anglaise du côté de papa. Et c’est vrai qu’à un moment donné, à force de descendre dans cette ambiance un peu dure, on essaie de trouver un terme à la souffrance. Et c’est vrai que l’idée du suicide me traverse l’esprit à un moment donné, parce que les nuits blanches, l’alcool, les insomnies, la tristesse, la France me manquait, maman me manquait énormément, etc".
Steven Gunnell a alors raconté avoir appelé sa mère "avant de commettre l’irréparable", "un coup de téléphone d’une cabine" : "Allô maman, pardon, je vais faire une bêtise. Et maman au téléphone qui me dit : ‘Pardon mon fils, je t’aime, j’ai fait ce que j’ai pu’. Et là t’as deux pardons qui se rencontrent, tout se pose d’un coup, ça s’apaise. Et là juste avant de raccrocher, maman me dit : ‘Avant de faire une bêtise mon fils, rentre dans une chapelle, te reposer’. Et c’est de là que c’est parti".