“L’envie de mourir a disparu” : Jérémy Ferrari évoque avec franchise sa tentative de suicide

Mis à jour le 9 janvier 2026 à 14:45
Domine Jerome/ABACA
Réputé pour son humour incisif et sans filtre, Jérémy Ferrari se livre dans son spectacle Anesthésie Générale, diffusé sur Canal+ le 19 mars 2025, sur ses luttes et son chemin vers la sobriété. À travers son témoignage, il espère briser les tabous autour de la santé mentale et apporter un message d’espoir.

Révélé au grand public en 2010 dans l’émission On n’demande qu’à en rire de Laurent Ruquier, Jérémy Ferrari s’est imposé comme l’un des humoristes les plus percutants de sa génération. Connu pour son humour corrosif et son engagement à travers des thématiques sensibles, il n’a jamais hésité à aborder les sujets de société avec une franchise désarmante. Toutefois, derrière cette énergie débordante sur scène, l’humoriste a mené un combat personnel difficile, marqué par des troubles psychiques et une longue lutte contre l’addiction. Dans son spectacle Anesthésie Générale, qui sera diffusé le 19 mars 2025 sur Canal+ à 21h10, il aborde sans détour ses problèmes de santé mentale et son parcours vers la sobriété après avoir parlé de sujets comme la religion et la guerre.  Télé-Loisirs a eu l’occasion de s’entretenir avec lui à l’approche de cet événement, où il se confie avec sincérité sur cette période de sa vie marquée par des défis intimes.

Un diagnostic qui change tout

Durant de nombreuses années, Jérémy Ferrari a souffert sans comprendre exactement la nature de ses maux. Comme il l’explique à Télé-Loisirs, ce n’est qu’après avoir entamé une cure de désintoxication qu’il a enfin obtenu un diagnostic médical précis. Il souffrait notamment d’alcoolisme chronique sévère, "de troubles de l’attention avec hyperactivité, une maladie névrotique grave qui crée des distorsions d’humeur, une hypersensibilité auditive et visuelle, obsessions", comme il l’avait confié dans les colonnes de Paris Match en 2020. 

"La majorité de mes troubles n’ont aucun traitement médicamenteux. Et j’ai voulu en parler en spectacle pour, quelque part, aider les personnes dans la même situation que moi", a-t-il expliqué à nos confrères de Télé-Loisirs. En mettant en lumière ces pathologies invisibles, il souhaite sensibiliser le public et normaliser les discussions autour de la santé mentale.

Une descente aux enfers et une tentative de suicide

La prise de conscience de ses troubles a été tardive, et les conséquences ont été dramatiques… Jérémy Ferrari a longtemps sombré dans l’alcoolisme, un mécanisme d’échappatoire qui l’a mené au bord du gouffre. Il révèle également avoir traversé des périodes de dépression profonde, allant jusqu’à une tentative de suicide. Dans Anesthésie Générale, il utilise son vécu personnel pour dénoncer le manque de moyens du système de santé français dans la prise en charge des troubles psychiatriques et des addictions. "J’ai commencé ma cure de désintoxication en parallèle de l’écriture de mon spectacle, et cela m’a conforté dans l’idée qu’il fallait aborder ces thématiques", a confié l’humoriste. 

Malgré ces années sombres, Jérémy Ferrari affirme aujourd’hui aller beaucoup mieux. "L’envie de mourir a disparu", a-t-il même assuré à Télé-Loisirs, tout en restant lucide sur la nature de ses troubles. Il a en effet souligné qu’"Il y aura toujours des moments difficiles, car [ses] troubles sont incurables". L’humoriste a trouvé du réconfort dans le travail et la création artistique et avec cette prise de parole courageuse, il démontre, une fois de plus, qu’il n’a pas peur de briser les silences, même ceux qui sont les plus intimes.

Par
Kahina Boudjidj