Le fils cadet du roi Charles III se retrouve de nouveau au cœur d’une violente polémique. Sophie Chandauka, présidente de l’ONG Sentebale qu’il a cofondée en 2006, l’accuse publiquement de "harcèlement" et "d’intimidation à grande échelle". Cette affaire éclate après que le prince ait annoncé mardi dernier son retrait de l’organisation.
C’est avec "le cœur lourd" que le duc de Sussex a renoncé à son rôle de parrain de Sentebale, l’un des rares engagements qu’il avait conservés après sa rupture avec la monarchie britannique en 2020. Cette décision, prise conjointement avec le prince Seeiso du Lesotho, cofondateur de l’ONG, s’inscrit dans un mouvement de solidarité avec cinq membres du conseil d’administration qui ont démissionné en raison d’un conflit avec Sophie Chandauka, avocate zimbabwéenne nommée à la présidence en juillet 2023.
Le scandale a pris une nouvelle dimension ce dimanche 30 mars lorsque cette dernière a accordé une interview explosive à Sky News. "Ce que le Prince Harry voulait faire, c’était m’éjecter (…) Cela a duré des mois, sous forme d’intimidation, de harcèlement", a-t-elle affirmé, assurant "avoir des preuves à ce sujet". L’affaire a déjà été portée devant la justice britannique, après que la présidente ait tenté d’empêcher sa révocation par les administrateurs.
Une "machine de relations publiques" au service des Sussex
Selon Sophie Chandauka, le prince Harry aurait utilisé l’organisation caritative comme un rouage de la "machine de relations publiques des Sussex". Dans des déclarations au Financial Times le 29 mars, elle a révélé que "le risque numéro 1 pour cette organisation était la toxicité de la marque de son principal mécène".
La présidente de Sentebale a également fait une révélation concernant Meghan Markle. L’équipe du prince Harry lui aurait demandé de défendre son épouse face à une couverture médiatique négative, une requête qu’elle aurait immédiatement rejetée. "J’ai dit non, nous ne créons pas un précédent par lequel nous deviendrions une extension de la machine des relations publiques des Sussex", a-t-elle assuré au Financial Times.
L’incident le plus troublant se serait produit lors d’une collecte de fonds organisée pendant un match de polo, où une équipe de Netflix – avec qui les Sussex ont signé un contrat très lucratif – a été amenée par le prince pour filmer l’événement. Les images montrent une scène tendue entre Sophie Chandauka et Meghan Markle. Après cet événement, Harry "m’a demandé de faire une sorte de déclaration pour soutenir la duchesse", a affirmé la présidente de l’ONG.
Des accusations fermement contestées
Ces allégations sont toutefois vivement contestées par d’anciens membres du conseil d’administration de Sentebale. Kelello Lerotholi a notamment déclaré à Sky News qu’il n’a jamais été témoin de telles demandes de la part du prince. "Je peux dire honnêtement que lors des réunions auxquelles j’ai assisté, il n’y a jamais eu la moindre allusion à ce sujet", a-t-il affirmé.
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Lynda Chalker, qui a siégé pendant près de 20 ans au conseil d’administration de l’organisation, a quant à elle dénoncé dans le journal The Times le style "presque dictatorial" de Sophie Chandauka. Une autre source a affirmé au Sun UK que les accusations de Sophie Chandauka sont "totalement infondées", précisant que le prince Harry et le prince Seeiso avaient tous deux envoyé une lettre de démission à la présidente et à l’administration dès le 10 mars dernier, bien avant que l’affaire n’éclate publiquement.
Malgré ces turbulences, Sophie Chandauka reste déterminée quant à l’avenir de Sentebale, qui œuvre auprès des enfants et des jeunes rendus orphelins par l’épidémie de sida au Lesotho et au Botswana. "L’équipe est déterminée à ce que Sentebale continue de vivre, avec ou sans vous", a-t-elle lancé au prince. Et d’ajouter : "Si Sentebale existe, c’est grâce aux personnes qui, en Afrique, font ce travail chaque jour. Le prince Harry s’est rendu en Afrique pour la première fois en cinq ans l’année dernière parce que je le lui avais demandé. À votre avis, qui dirigeait les opérations pendant la pandémie ?"