Neuf mois. C’est le temps que devrait durer le procès pour les attentats du 13 novembre 2015 qui s’est ouvert le 8 septembre dernier à Paris. Neuf mois pendant lesquels les juges et les parties civiles devront se replonger dans cette nuit d’horreur qui a fait 130 morts et plus de 400 blessés. Quatorze prévenus – dont Salah Abdeslam – sont sur le banc des accusés tandis que 6 autres accusés sont jugés en leur absence.
Ce procès hors norme, qui a nécessité la construction d’une salle d’audience spéciale, fait remonter chez les Français les souvenirs de cette nuit traumatisante. Invité dimanche d’Europe 1, Kad Merad est revenu sur cette soirée qui l’a profondément marqué, d’autant plus qu’il avait des proches qui étaient présents au Bataclan. « J’étais chez moi avec mon fils d’un côté. Je ne vais pas vous raconter ma vie mais j’avais deux personnes au Bataclan. Deux proches qui sont vivants, qui ont fait partie de ces gens qui se sont retranchés pendant trois heures dans une loge microscopique à 50, 60 personnes sans savoir si au milieu il n’y avait pas un terroriste… Qui ont vécu 3 heures… On n’imagine pas ce que c’est en fait… Qui ont été libérés par la police en ne sachant pas si c’était des terroristes. (…) C’était brutal de bout en bout », a-t-il ainsi raconté au micro de Laurent Mariotte.
Marqués par ce qui leur est arrivé, les proches de Kad Merad « commencent maintenant à en parler de manière assez distante et dégagée ». « Mais quand ils vous racontent ce qu’ils ont vécu, c’est glaçant, abominable. On ne peut pas imaginer (…) J’avais un autre ami qui était sur une des terrasses qui a été mitraillée, qui s’en est sorti et qui a été blessé. J’ai été touché de très près par cet événement », a-t-il poursuivi en confiant que son « fils a été traumatisé pendant des années à faire des cauchemars parce qu’il a vu en direct à la télé ».
Clara Kolodny