L’animateur Arthur sort un livre sur « la solitude » et « la peur » des Français juifs

Mis à jour le 9 janvier 2026 à 11:30
GILLES GUSTINE/TF1
L'animateur et producteur télé Arthur sort mercredi son premier livre, pour dire "la solitude", le "sentiment d'abandon" et la "peur" des Français juifs face à "la montée de l'antisémitisme", dans le contexte de la guerre à Gaza.

Pilier de TF1, Arthur Essebag brise le silence qu’il s’était imposé durant trois décennies de carrière télévisuelle. À l’approche de ses 60 ans, l’animateur de "Vendredi, tout est permis" publie "J’ai perdu un Bédouin dans Paris" (Grasset), un livre écrit à la première personne. 

Quand l’animateur devient porte-parole malgré lui

Après trente années passées à divertir le public français sans jamais exposer ses convictions personnelles, Arthur a fait un choix radical. "Pendant 30 ans j’ai mis de côté mes opinions personnelles. J’ai toujours mis de côté ce que je pensais, parce que je considérais que ce n’était pas mon rôle", confie-t-il sur France Inter. Mais les événements du 7 octobre 2023 et leurs répercussions en France ont changé la donne.

"Je suis devenu porte-parole malgré moi, parce qu’il y a des institutions qui le font très bien. Mais pour la première fois, j’ai parlé avec mon cœur de ce que vivent les Français juifs, c’est-à-dire la peur, l’angoisse et la montée de l’antisémitisme", explique l’animateur. Une prise de parole motivée par un constat accablant : "Je me suis retrouvé à parler peut-être au nom de ceux qui trouvaient bien silencieux la majorité des autres personnalités."

"Mettre ma notoriété au service d’une cause que je trouve juste, parler de l’antisémitisme mais aussi des otages, je trouvais qu’il y avait un silence qui était pesant", justifie le mari de Mareva Galanter.

"Les Français ne sont pas conscients de la peur dans laquelle vit la communauté juive"

Dans son livre signé de son nom complet, Arthur Essebag, l’animateur dresse un portrait inquiétant du quotidien des juifs français. "Mon livre n’est pas sur Gaza, il est sur la solitude des juifs depuis le 7 octobre, sur ce sentiment d’abandon, sur cette peur croissante, et sur la montée de l’antisémitisme", précise-t-il.

Les témoignages qu’il rapporte sont édifiants : "J’ai des amis qui vont prendre un taxi, et changent leur nom. Les étudiants juifs ont peur quand ils vont à la fac. Les étudiants juifs cachent leur étoile de David quand ils vont à la fac, les femmes qui vont à la boucherie casher se retournent trois fois en sortant de la boutique." Une réalité que le grand public ignore largement, selon lui : "Je pense que les Français ne sont pas conscients de la peur, de l’angoisse dans laquelle vit la communauté juive."

Entre soutien à Israël et empathie pour les Palestiniens 

Arthur refuse de se laisser enfermer dans une vision binaire du conflit. "On peut aimer Israël et ne pas être en accord avec le gouvernement israélien", affirme-t-il avec force. Il tient à dissiper toute ambiguïté sur sa position : "Je pense qu’un mort, qu’il soit à Gaza ou à Tel-Aviv, c’est un mort de trop. Celui qui n’est pas bouleversé par les milliers de morts à Gaza n’a pas d’humanité en soi."

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