Discret sur sa vie privée, Lambert Wilson a pourtant décidé de faire une exception et d’ouvrir les portes de son refuge bourguignon à Paris Match. Le comédien, qui a fait son retour mercredi au cinéma dans Les Choses simples d’Eric Besnard, a accueilli nos confrères dans le moulin cher à son cœur. Une maison dans laquelle il a su trouver une source d’apaisement alors qu’il traversait il y a 13 ans l’une des pires épreuves d’une vie.
"Mes parents sont morts. On a vendu la maison familiale, et je n’ai plus eu de contact avec mes proches. J’ai vraiment eu l’impression d’être déraciné, que tout ce qu’on avait vécu pendant 40 ans, vers Rambouillet, tout ce qu’on avait planté, avait été réduit à néant en quelques semaines. Mes parents étaient pour moi des montagnes et elles avaient disparu. Ici, je recrée un endroit à peu près stable, comme un ponton. (..) C’est là où je dépose mes objets, mes archives… et surtout là où je fais venir mes amis. Ils sont mes garde-fous, ma famille élective", confie-t-il avec émotion et sans filtre au sujet de ce grand bouleversement.
S’il a retrouvé une stabilité et un havre de paix dans ce moulin, Lambert Wilson ne cache pas que les hivers bourguignons sont parfois rudes, "pas sexy et déprimants". "On serre les dents, et le moulin usé par le cours d’eau nécessite, comme un bateau, un travail constant. Il faut garder les vannes en état, faire avec les crues du bassin de l’Yonne. Il est arrivé que l’eau monte à 10 centimètres du sol de la cuisine", explique le comédien au sujet de sa maison construite entre le Canal de Bourgogne et une rivière.
Lambert Wilson profite également de cet entretien pour revenir sur l’absence d’amour romantique dans sa vie. "J‘ai été un peu fracassé il y a une dizaine d’années, concède-t-il. J’étais très romantique, j’adorais le sentiment amoureux, je cultivais malgré moi le désespoir, les tourments. Cette partie-là, ce n’est pas qu’elle s’est assagie : elle s’est évanouie, carrément. Je ne recherche plus ça du tout".
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Clara Kolodny