« La mort ne me fait pas peur, mais la déchéance physique oui » : Pierre Arditi revient à cœur ouvert sur son malaise

Publié le 5 octobre 2023 à 6:41
De retour mercredi soir au Théâtre Edouard-VII pour sa pièce Lapin avec Muriel Robin, Pierre Arditi vient de se livrer une nouvelle fois sur la fin de sa vie et son rapport avec la mort.

La pause n’a été que de courte durée pour Pierre Arditi. Une semaine après son impressionnant malaise survenu en pleine représentation de sa pièce Lapin avec Muriel Robin, le comédien est remonté sur scène hier soir. Un retour salué par le public qui lui a réservé une longue salve d’applaudissements, comme le raconte Le Parisien qui était présent dans la salle.

Interrogé dans le dernier numéro de Paris Match, Pierre Arditi assure qu’il "n’a pas eu peur d’y passer". "Quand je vais mourir, je le sentirai, je le saurai. Parce que je suis sûr que le moment venu, on le sait. Là, je n’ai jamais eu ce sentiment. L’heure n’était pas arrivée", explique-t-il ainsi. Il ne cache pas, d’ailleurs, ne pas avoir peur de la mort, bien au contraire. "Elle m’ennuie", glisse-t-il en ajoutant qu’il est davantage effrayé "par la déchéance physique".

Ce malaise, qui l’a conduit à l’hôpital, le pousse par ailleurs à prendre certaines dispositions. A la question : "avez-vous donné des consignes par rapport à un éventuel acharnement thérapeutique ?", il répond que non mais "qu’il va s’en occuper". "La fin n’est pas pour aujourd’hui, mais ça n’est pas non plus dans 25 ans", explique celui qui a longtemps perdu le sommeil à cause de la mort. La faute à sa mère qui lui avait répondu, lorsqu’il était enfant, que la mort "c’est comme quand tu dors, mais tu ne rêves plus".

"Ça m’a terrorisé et j’ai décidé de ne plus dormir. Ce qui fut le cas pendant des dizaines d’années. Aujourd’hui, je dors un peu plus, mais pas assez. Pour moi, le sommeil c’est la mort", avoue-t-il en se qualifiant lui-même d’hypocondriaque. Mais pas question pour lui de se reposer ou de faire attention. "Quand vous économisez [la vie], vous ne touchez pas d’intérêts. Ce que vous n’avez pas vécu, on le jette aux orties et vous avec. Il n’y a rien à économiser. Absolument rien. Il faut vivre", conclut Pierre Arditi.

Par
Pauline Hohoadji