Kate Winslet raconte comment une professeure de théâtre lui a dit qu’elle devrait se “contenter des rôles de grosse fille”

Mis à jour le 13 janvier 2026 à 15:31
PA Photos/ABACA
Très tôt confrontée au body shaming, Kate Winslet a grandi avec l’idée qu’elle ne correspondait pas aux canons attendus pour devenir actrice. Invitée de Desert Island Discs sur BBC Radio 4, la comédienne revient sur ces remarques violentes et ce conditionnement précoce qui ont longtemps freiné ses ambitions, avant de nourrir sa détermination.

Rien, ou presque, ne destinait Kate Winslet à devenir l’une des actrices les plus respectées de sa génération. Non pas par manque de talent, mais parce que très tôt, le regard posé sur elle fut réducteur et profondément marquant… Invitée de l’émission Desert Island Discs sur BBC Radio 4, la comédienne est revenue sur ces années où l’on tentait déjà de lui assigner une place… à cause de son corps. Dès l’enfance, Kate Winslet sait qu’elle veut être actrice mais lorsqu’elle commence à prendre ce rêve au sérieux, l’enthousiasme n’est, hélas, pas partagé par tous.

Kate Winslet bodyshamée dès l’enfance 

"Quand j’ai commencé à prendre tout ça sérieusement, j’ai eu un agent pour enfants acteurs. J’étais un petit peu enrobée. Je me souviens très bien d’une professeure d’art dramatique qui m’a dit : ‘Eh bien, chérie, tu feras carrière si tu es prête à te contenter des rôles de grosses filles’", a-t-elle confié à la radio britannique. Des mots qui n’avaient rien à voir avec ses capacités, mais qui ont profondément marqué l’enfant qu’elle était. "C’est épouvantable ce que les gens disent aux enfants !", lâche-t-elle aujourd’hui, avec le recul. À l’époque, la future actrice se persuade alors qu’elle n’est pas faite pour les premiers rôles…

"Je n’aspirais pas à jouer des rôles principaux, vraiment jamais", explique-t-elle, avant d’en livrer la raison : "Aussi parce que j’étais un peu enrobée". Un conditionnement précoce, renforcé par le harcèlement scolaire. À l’école, Kate Winslet est moquée pour son poids, traitée de "grosse", jusqu’à être enfermée dans une armoire de la salle d’arts plastiques. Une violence quotidienne dont elle mesure aujourd’hui l’impact : "J’ai appris très tôt à avoir la peau dure". Mais cette carapace a eu un coût et pendant des années, la honte corporelle l’a rongée. Entre 15 et 19 ans, elle a enchaîné les régimes et a développé un rapport douloureux à son corps… "Je n’ai jamais été grosse !", affirme-t-elle aujourd’hui, avec une lucidité mêlée d’amertume.

La consécration avec Titanic

Même après le succès planétaire de Titanic, les critiques persistent. La silhouette de l’actrice est commentée, scrutée, jugée… Pourtant, loin de la briser, ces attaques forgent une autre forme de résistance. L’an dernier, dans l’émission 60 Minutes, elle décrivait ce mécanisme intérieur : "Cela m’a amenée à me dire : ‘Je vais vous montrer, tranquillement’". Une "détermination tranquille" qui ne l’a pas empêchée, parfois, de répondre frontalement. "Je leur ai envoyé : ‘J’espère que cela vous hantera’. C’était un grand moment, parce que ce n’était pas seulement pour moi. C’était pour toutes les personnes qui ont été victimes de ce type de harcèlement. C’était horrible. C’était vraiment horrible", avait-elle confié.

Par
Kahina Boudjidj