Le mouvement #MeToo l’a révélé aux yeux du grand public : la condition des femmes comédiennes n’est pas facile. Et ce n’est pas l’actrice française Corinne Touzet qui dira le contraire. En effet, elle s’est récemment confiée dans l’émission d’entretien, Un monde, un regard, diffusée sur Public Sénat. Elle est notamment revenue sur son métier et notamment sur les difficultés qu’elle a rencontrées. "Sans vouloir en rajouter, les années 1980 pour les femmes comédiennes étaient absolument terribles", s’est-elle remémorée en préambule. "Moi, j’en ai bavé. Lorsque je suis arrivée dans le milieu du cinéma, la mode, c’était Miou-Miou et Sandrine Bonnaire. Résultat, à chaque casting, on me disait que j’étais trop grosse ou trop typée puisque j’ai la peau bronzée", a-t-elle déploré. Elle se dit désormais admirative des jeunes actrices et de leur émancipation. "Les jeunes femmes sont indépendantes et libres par rapport à leurs corps. Elles s’assument et s’habillent comme elles veulent. Je les admire. Nous, à l’époque, nous ne pouvions pas le faire", a assuré Corinne Touzet. Elle a également évoqué son rôle dans la série Femme d’honneur.
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"C’était très courageux de la part du producteur, Christian Ferlet, d’avoir donné ce rôle à une femme. D’autant plus que c’était sa première série télévisée", s’est-elle félicitée, avant toutefois de regretter le peu de liberté dont elle disposait. "C’était une époque où on avait très peu de marge de manœuvre en tant que comédienne. Par exemple, mon héroïne n’a jamais eu d’aventures. Je me souviens que je n’arrêtais pas de demander qu’elle puisse aller en discothèque ou se bourrer la gueule au moins une fois dans sa vie", s’est souvenue l’actrice. Des souhaits jamais réalisés qui l’ont finalement poussée à quitter le programme. "Ce n’est pas la lassitude qui m’a fait partir car j’adorais mon personnage. Mais j’avais envie de proposer des choses et on ne m’écoutait pas. Il fallait soi-disant que je reste à ma place de comédienne, que les spectateurs ne soient pas déstabilisés. Alors j’ai décidé de partir pour monter ma propre société de production", a conclu la comédienne, qui estime qu’elle a enfin "pu être libre" en menant ses "propres projets".
L.C