Jean Dujardin ne garde pas un souvenir joyeux de ses années passées sur les bancs de l’école. L’acteur oscarisé pour sa performance dans The Artist a en effet vécu cette période comme une vraie galère qui l’a profondément marqué et qui aurait pu mettre à mal son destin. Son parcours scolaire difficile lui a en effet fait perdre la confiance qu’il avait en lui et qu’il a dû regagner petit à petit pour s’affirmer devant les caméras. « En CM1, j’ai eu une institutrice qui a cassé ma confiance et m’a rendu intranquille jusqu’au bac. J’ai été la tête de Turc pendant un an. Ça m’a fait vaciller, j’ai terriblement douté de moi. Tout le reste de ma scolarité, j’étais l’élève qui ne comprenait rien, l’idiot de la classe, en retard, l’éternel redoublant », a-t-il raconté au Monde.
Pour reprendre pied, Jean Dujardin s’est réfugié dans l’art et plus particulièrement le dessin. « Je faisais des caricatures, j’observais les autres, cette petite société qu’est une salle de classe avec ses lâches, ses traîtres, ses fayots, ses bouffons, ses courageux, ses loyaux. En les dessinant, je les ai fixés, je racontais déjà des histoires ; plus tard, je les ai joués », a-t-il ajouté à nos confrères. Pour l’aider encore davantage, ses parents lui ont fait consulter un psychologue. Ne retrouvant pas l’envie d’apprendre, Jean Dujardin s’est alors tourné vers la vie active, en rejoignant son père sur des chantiers. Le déclic est arrivé à 23 ans, lors de son service militaire. « J’avais devant moi une année de réflexion pour savoir quoi faire de ma vie. J’ai mis à profit ces dix mois pour donner corps à cette envie de jouer qui me taraudait. J’ai toujours été le bouffon de la famille, j’imitais les uns et les autres, j’avais fait un peu de théâtre à l’âge de 16 ans et quelques petits films avec des copains, j’écrivais des sketchs, mais je ne me voyais pas comédien », s’est-il souvenu en précisant avoir repris la plume pour écrire lorsqu’il était à l’armée. C’est là que sont nés ses 11 premiers personnages.
« Créer des personnages de débiles a été mon moyen de guérir », a clamé le comédien qui a toujours appréhendé les castings. « Le casting, tu ne sais pas trop pourquoi tu es pris ou pas, c’est comme à l’école, tu gagnes ou tu perds. J’avais peur de l’échec, de la mauvaise note ». Mais heureusement, Jean Dujardin a pu se faire une place au cinéma en « ne passant quasiment jamais de castings ». Un coup de chance qui lui a plutôt bien réussi.
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