« Je vis mes 60 ans comme une nouvelle adolescence » : le changement de vie radical d’Isabel Otero au Costa Rica (EXCLU)

Publié le 3 mars 2023 à 18:18
Thierry LANGRO - FTV - ZADIG PRODUCTIONS
La comédienne, qui revient demain, à 21h10, sur France 3 dans Meurtres en Béarn (une fiction présentée au dernier Festival TV de Luchon), a quitté la France pour poser ses valises au Costa Rica afin d’être encore plus proche de la nature. Un changement d’univers sur lequel elle est revenue pour Télé 7 Jours.

L’impact du confinement

Comme beaucoup de gens, j’ai eu une phase d’introspection pendant le confinement et cette période qui nous était vendue presque comme une urgence de mort. J’arrivais à 60 ans et je me suis demandée ce que j’avais envie de vivre avant de partir. J’ai longtemps vécu dans le sud de la France. Malheureusement, il y a depuis des années des problèmes d’eau. J’ai longtemps dû arroser dans les endroits où j’ai vécu. La nature dépendant donc de moi et ça me met dans un stress… Je sais que l’eau va manquer, pas seulement pour les arbres et les cultures qui nous nourrissent mais aussi pour nous. Ce stress a fait naître l’envie d’abondance d’eau, de trouver un lieu où j’aurais la possibilité de voir grandir ce que je sème. Je suis une planteuse. Pour mes 50 ans, j’ai demandé à ce qu’on m’offre des fleurs et des arbres que j’ai planté dans mon jardin. Je ne me considère d’ailleurs jamais comme propriétaire mais gardienne d’un lieu dans lequel je plante et j’offre de mon temps, de mon énergie et de mon argent.

Le Costa Rica, une évidence

J’avais envie d’un lieu dans lequel le stress de l’eau n’était pas présent. J’ai tout de suite pensé au Costa Rica que je connaissais déjà. Je savais qu’il y avait des lieux où il pleuvait et où les arbres pouvaient prendre 3 ou 4 mètres en 6 mois voire un an. J’ai cherché et j’ai immédiatement trouvé un lieu qui m’a appelée, au milieu des volcans. Je ne suis pas là en vacances mais pour vivre une expérience différente de celle que j’ai connue jusqu’à présent. Je suis à moitié espagnole donc c’était aussi un élément de plaisir que de retrouver cette langue que m’avait donnée enfant ma grand-mère et que j’avais peu parlé dans ma vie depuis 20 à 30 ans. Le grand bonheur et le grand cadeau de ce pays, ce sont ses habitants. Ils sont extrêmement gentils, ont un cœur énorme et sont très ouverts contrairement à nous. J’ai à cœur d’être avec des gens qui sont dans la douceur. Je trouve que c’est un immense luxe aujourd’hui.

Entre plantations et ostréiculture

J’ai planté 3 000 arbres depuis que je suis là-bas, soit depuis 18 mois. Je me suis aussi retrouvée par hasard dans une communauté, tout au Nord du pays, dans une zone préservée où il y a des baleines et des pêcheurs artisanaux qui se sont associés pour créer des granges d’ostréiculture. Aujourd’hui, je suis ostréiculture avec eux. Ce n’est pas simple car il y a quelques fois un manque de moyens. Je les aide aussi à ce niveau-là. Mon prochain projet est de faire un jardin corallien et de travailler avec les enfants de ce village. Je fais des projets avec des personnes qui parfois ne sont jamais sorties de leur région et qui ne sont parfois pas allées à San José, la capitale.

Des histoires d’eaux

Je suis soit immergée dans les volcans avec pas mal de pluies et je plante, soit dans un lieu plein de vent et de soleil au fin fond d’un golfe du Nicaragua. C’est une vie totalement différente. Un ami m’a dit : "Tu sais, tu vas là-bas pour vivre une histoire d’eau". Il avait totalement raison. Je vis des histoires d’eaux, à la fois des eaux des torrents et des cascades dans lesquels je vais me baigner mais aussi d’océan et de pluie. Je n’ai jamais été aussi près de mon être profond, de ce que je suis. Je suis très heureuse. Je vis mes 60 ans comme une nouvelle adolescence.

Un besoin de transmission à son petit-fils

Je pense que les grands-mères, et j’en suis une, sont là pour transmettre. J’ai dit à ma fille (l’actrice Ana Girardot, ndlr) : "Peut-être que je vais loin, mais ce que je vais construire va permettre à ton fils, mon petit-fils, de grandir parce qu’il touchera et sentira autre chose". C’est un grand cadeau pour lui. Le Costa Rica est un pays jeune, dont 70% du territoire est une forêt. Je fais partie de cette tribu qui pense que la beauté sauvera le monde mais que pour ça, il faut continuer à la préserver et l’aider à vivre ainsi qu’à prospérer. C’est ma cause.

Pauline Hohoadji

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