Un an après la fin de la Star Academy, Julien Lieb dévoile son tout premier album, Naufragé. Un projet personnel et bouleversant, où il revient sur son parcours marqué par les épreuves, notamment la disparition de son père. Dans un entretien à Ciné Télé Revue, l’artiste s’est livré avec franchise sur ce disque qu’il considère comme une renaissance.
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Un album introspectif pour Julien Lieb
Finaliste remarqué de l’émission de TF1, Julien Lieb affirme avoir trouvé dans sa non-victoire une forme de chance. "J’ai toujours affirmé que je ne voulais pas gagner. Avec le recul, il est évident que je n’aurais pas refusé la victoire. (Rires.)", a d’abord confié le jeune homme. Et d’ajouter : "Je suis très croyant et je pense que c’était le chemin qui m’était destiné. J’ai eu le temps nécessaire pour réfléchir au disque que je voulais offrir au public. Je n’aurais certainement pas bénéficié de la même liberté artistique si j’avais remporté le trophée". Cette liberté se ressent dans l’album, qu’il décrit comme une œuvre intime et viscérale. "Cet album me ressemble énormément. Il est intense et introspectif", a-t-il précisé.
Un hommage bouleversant à son père
Parmi les titres les plus forts du disque, L’horloge brûle occupe une place à part. Une chanson écrite pour son père, militaire et parachutiste, décédé d’un cancer… Julien Lieb en a dit davantage sur cet homme parti trop tôt. "C’était un homme plein de paradoxes. Il était militaire et parachutiste. Il était très dur et strict, mais aussi capable d’une grande tendresse. Il avait un amour inconditionnel pour ses enfants, et pour ma mère", a-t-il détaillé.
Et de reprendre : "Avec le recul, je pense qu’il m’a transmis cet amour profond pour la femme qui partage ta vie, ainsi que cette faculté à admirer autant ses failles que sa force. J’ai aussi hérité de sa rigueur et de sa discipline". Le chanteur a reconnu que ce titre avait "été très difficile à enregistrer". La raison ? "J’avais constamment de l’émotion dans la voix. Ma maman a beaucoup pleuré en l’écoutant", a-t-il avoué.
Une adolescence brisée par le deuil
La perte de son père, à seulement 12 ans, a laissé des traces profondes. Julien ne cache d’ailleurs pas la spirale dans laquelle il a été entraîné à l’époque. "Je suis complètement parti en vrille. À l’époque, j’étais un garçon gentil, avec une coupe au bol, je bégayais et j’étais un peu en surpoids. À la mort de mon père, j’ai ressenti une colère immense contre le monde entier", a regretté le jeune homme.
Puis d’indiquer avec franchise : "J’avais l’impression que tout le monde était contre moi. Ma famille s’est aussi un peu déchirée. C’était une période extrêmement difficile. J’ai enchaîné plusieurs dépressions profondes et je n’avais aucune estime de moi-même. Il m’a fallu beaucoup de temps pour sortir de ce cercle vicieux". Aujourd’hui, cette douleur s’est transformée en moteur… Avec Naufragé, Julien Lieb signe un album qui sonne comme un exutoire.