C’est à Bougival, la ville où elle a grandi et où elle vit toujours, que Julie Depardieu a reçu Gala. Un retour aux sources qui ne doit rien au hasard, tant l’actrice confie avoir cherché ailleurs… sans succès. "J’ai voulu m’enfuir… Sans succès. À Paris, pendant quatre ou cinq ans, mais il y avait trop d’agitation, trop de tentations pour quelqu’un comme moi qui ne sait pas dire non. Je n’arrivais pas à me reposer, j’étais toujours dehors à boire des verres. Épuisant. Alors je suis revenue vivre ici en 1998, à l’âge de 25 ans dans une maison juste à côté de celle où j’ai grandi", a-t-elle raconté à nos confrères.
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Une enfance marquée par l’angoisse
Si Bougival fut son terrain de jeu, Julie Depardieu n’en garde pas une image insouciante… "Oui, même si j’étais une petite fille grave, nostalgique, angoissée, agitée, qui pensait tout le temps au pire. Je pleurais à tous mes anniversaires, c’était une catastrophe. Ça n’allait jamais, j’étais collée à ma mère. Nihiliste, j’avais l’impression que tout le monde allait disparaître, peut-être parce que je ne croyais en rien", a-t-elle expliqué. Ce manque de croyance la pousse, alors adolescente, vers une quête spirituelle.
"J’engueulais mes parents parce qu’ils ne m’avaient pas laissée faire du catéchisme comme mes copines, qui avaient toutes une religion différente. Avant tout, je tenais à appartenir à un groupe. Résultat, j’ai tout essayé : j’ai voulu être protestante, catholique… Et, après avoir étudié la philosophie hébraïque, j’ai voulu me convertir au judaïsme. On m’a présenté un rabbin et je me suis aperçue que c’était très long, trop long, très compliqué. Qu’il fallait apprendre le yiddish, alors que je suis nulle en langues", s’est-elle souvenue.
Et de reprendre : "J’ai eu la flemme, j’ai laissé tomber. Je suis influençable. J’ai une aptitude certaine à changer d’avis, et mes enfants se moquent d’ailleurs sans cesse de moi à ce sujet. Dans le fond, je crois que j’ai raté ma vocation : peut-être que j’aurais dû être religieuse, enfermée dans un couvent".
Entre croyance et art
Difficile pourtant d’imaginer l’actrice cloîtrée. Celle qui va interpréter Juliette Drouet nuance d’ailleurs : "J’aime croire, j’aime le ‘plus grand que moi’. C’est aussi pour ça que le personnage de Juliette Drouet m’a fascinée. Cette femme a trouvé son dieu en Victor Hugo, et elle ne s’en est jamais plainte".
Et Julie Depardieu d’avouer avoir trouvé ses propres divinités. "J’en ai des centaines. Parmi eux, il y a Beethoven. Qu’un type aussi difficile à vivre soit capable de telles merveilles me donne confiance en l’humanité. Il y a Chopin, également, qui lui aussi reflète le meilleur de l’être humain. Toute sa douleur, aussi. Lorsque je suis sur mon scooter et que je l’écoute, je fonds en larmes", a-t-elle raconté. Puis de conclure : "J’adore quand la douleur est mise en scène. J’aime pleurer, je n’y vois pas de problème. Une larme prouve que tu es vivant".