“Je ne peux pas” : Javier Bardem prend une décision radicale pour sa carrière en lien avec ses convictions politiques

Mis à jour le 9 janvier 2026 à 11:33
UPI/ABACA
Aux Emmy Awards, Javier Bardem a affiché son soutien aux Palestiniens en portant un keffieh. L’acteur espagnol a confirmé sa décision de ne plus collaborer avec des institutions ou des professionnels du cinéma liés à la justification du génocide à Gaza, un engagement qui s’inscrit dans le mouvement international Film Workers for Palestine.

Dimanche 14 septembre au soir à Los Angeles, les Emmy Awards, grand-messe de la télévision américaine, ont été marqués par la présence d’un invité qui a détourné l’attention des flashs. L’acteur espagnol Javier Bardem a foulé le tapis rouge avec un keffieh noir et blanc noué autour du cou, symbole de son soutien au peuple palestinien et de son engagement dans un mouvement de boycott des institutions cinématographiques israéliennes.

Un geste hautement politique

À l’AFP, l’acteur a assumé pleinement sa démarche : "Je ne suis pas le seul [à partager ces opinions sur le guerre d’Israël en Palestine]. Beaucoup de gens me soutiennent à voix basse et je leur dis : ‘Ne chuchotez pas, dites-le à haute voix’. Car la réaction à cela peut créer quelque chose comme, par exemple, le ‘Film Workers for Palestine’, qui est un syndicat que nous avons créé et que de plus en plus de personnes rejoignent. Nous ne ciblons pas les individus pour leur identité, ça serait mal. Nous ciblons les entreprises de cinéma et les institutions cinématographiques qui sont complices ou qui sont liées au blanchiment ou à la justification du génocide à Gaza par Israël"

Au média Variety, le mari de Penelope Cruz a confié avoir pris une décision sur laquelle il ne reviendra pas. "Si vous découvrez qu’une entreprise avec laquelle vous vous apprêtez à travailler a un lien avec Israël, que faites-vous ?", lui a demandé notre confrère. L’acteur espagnol a assuré : "Je ne travaillerai pas. Je ne peux pas travailler avec quelqu’un qui justifie ou soutient le génocide. Je ne peux pas. C’est aussi simple que ça. Et nous ne devrions pas pouvoir faire ça. Dans cette industrie et dans toute l’industrie". "Aujourd’hui, à Madrid, en Espagne, le tour d’Espagne, La Vuelta, a été arrêté par des milliers et des milliers de gens dans les rues qui marchaient, qui disaient qu’ils ne pouvaient pas accepter que l’équipe d’Israël participe à cette compétition. (…) Le monde a changé et ce dont nous sommes témoins, c’est un génocide en 4K, en vie, au quotidien. Il faut arrêter ça", a-t-il fini de déclarer.

Un boycott international

Quelques jours avant cette apparition, près de 1 500 acteurs, réalisateurs et professionnels du cinéma, parmi lesquels Javier Bardem, Olivia Colman et Mark Ruffalo, avaient signé une lettre ouverte publiée dans The Guardian. Le texte annonçait la suspension de toute collaboration avec les institutions cinématographiques israéliennes. "En ce moment de crise où nombre de nos gouvernements autorisent le carnage à Gaza, nous devons faire tout ce qui est en notre pouvoir pour répondre à cette complicité", écrivaient les signataires, parmi lesquels aussi Yorgos Lanthimos, Ayo Edebiri et Tilda Swinton.

Le collectif ‘Film Workers for Palestine’, à l’initiative de cette démarche, revendique une filiation directe avec le boycott culturel mis en place contre l’Afrique du Sud durant l’apartheid. L’objectif ? Refuser de collaborer avec les festivals, diffuseurs et sociétés de production accusés de "disculper ou justifier le génocide et l’apartheid". Les signataires dénoncent le fait que "la grande majorité des sociétés israéliennes de production et de distribution cinématographiques, des agents commerciaux, des cinémas et autres institutions cinématographiques n’ont jamais reconnu les droits internationaux reconnus du peuple palestinien dans leur intégralité", tout en reconnaissant l’existence de quelques exceptions.

Par
Kahina Boudjidj