L’émotion était au rendez-vous mardi à la soirée d’ouverture du Festival du Film Francophone d’Angoulême 2022. Et pour cause. Présent en nombre, le public a pu découvrir en avant-première les retrouvailles sur grand écran de Line Renaud et Dany Boon. Le duo, qui a fait rire des millions de Français dans Bienvenue chez les Ch’tis puis dans La Ch’tite Famille, est à l’affiche d’Une belle course, le dernier long métrage de Christian Carion qui sortira au cinéma le 21 septembre prochain.
Dans ce film, Line Renaud incarne un personnage auquel elle s’identifie pleinement. Elle se glisse en effet dans la peau d’une vieille dame comme elle qui doit s’installer dans une maison de retraite. Un taxi (conduit par Dany Boon alias Charles) vient la chercher près de sa maison des bords de Marne pour l’y emmener. Mais en route, elle lui demande de faire quelques détours pour revoir une dernière fois tous les lieux qui ont compté dans sa vie. Une dernière plongée dans le passé avant le grand adieu.
« J’ai pleuré tout le temps. Mais je ne voudrais pas vous faire pleurer vous. Je vous aime ! », a confié en pleurs Line Renaud après la projection selon des propos repris par Le Parisien/Aujourd’hui en France. La comédienne, qui a pris la parole devant le public, n’a pas caché que ce film « triste et beau » sur la fin de vie lui a fait penser à sa propre mort. « J’approche du moment… Mais j’ai eu une belle vie, une vie extraordinaire. Et ça, ça ne s’oublie pas », a-t-elle confié sereine et émue.
La chanteuse et actrice, qui a fêté ses 94 ans en juillet dernier, regarde la mort sans peur. Elle se bat d’ailleurs pour la légalisation de l’euthanasie pour soulager les souffrances des malades. Celle qui a accompagné jusqu’au bout son mari décédé en 1995 des suites d’un cancer des os est ainsi la marraine de l’association pour le droit à mourir dans la dignité. Elle vient d’ailleurs de cosigner, avec le député Olivier Falorni, une tribune appelant à légaliser l’euthanasie. « Pourquoi vouloir rester jusqu’au bout quand vous savez que vous êtes condamné ? Pourquoi endurer une cruelle agonie quand la mort peut vous délivrer d’une vie qui n’est plus qu’une survie douloureuse sans espoir de guérison ? », écrivent-ils dans ce texte publié dimanche dernier dans le JDD.
Clara Kolodny