“J’ai peur que ça s’arrête” : Raphaël Quenard se confie sur sa carrière d’acteur et la pression de son métier

Publié le 22 février 2025 à 13:36
Domine Jerome/ABACA
A quelques jours de la cérémonie des César, Raphaël Quenard s'est confié sur sa carrière d'acteur mais aussi sur le précieux sésame qu'il a remporté lors de l'édition 2024. 

Depuis quelques années, Raphaël Quenard s’impose comme l’une des figures les plus atypiques du cinéma français. Avec son phrasé reconnaissable entre mille, son énergie débordante et sa capacité à incarner des personnages aussi loufoques qu’intenses, il est devenu un visage incontournable du grand écran. Avant de briller sous les projecteurs, Raphaël Quenard n’était pas destiné à devenir acteur lui qui évoluait loin du milieu artistique et qui a décroché un diplôme d’ingénieur en chimie. C’est finalement dans le théâtre qu’il trouve véritablement sa voie et il quitte alors son parcours scientifique pour se consacrer à sa passion.

Un acteur caméléon

C’est Quentin Dupieux qui donne à Raphaël Quenard sa première vraie exposition médiatique. En 2022, il lui confie un rôle dans Fumer fait tousser, une comédie déjantée où il incarne un personnage secondaire marquant par son énergie. Cette collaboration se poursuit avec Yannick (2023), un film dans lequel Raphaël Quenard décroche le premier rôle. Il y interprète un spectateur exaspéré par une pièce de théâtre médiocre, qui prend en otage les comédiens et leur impose une réécriture en direct.

Avec ce rôle, il s’impose comme un acteur caméléon, capable de jouer des personnages à la fois pathétiques et fascinants, entre humour noir et tension dramatique. Après Yannick, Raphaël Quenard enchaîne les projets ambitieux. Il se fait particulièrement remarquer dans Chien de la casse (2023), où il incarne un jeune homme paumé dans une petite ville de province. Sa performance lui vaut une nomination au César du Meilleur Espoir Masculin en 2024, confirmant son ascension rapide dans le cinéma français.

"Cette profession peut être fluctuante"

A l’approche de l’édition 2025 des César, l’acteur s’est confié à nos consoeurs de Madame Figaro sur sa carrière mais pas que. "J’ai offert mon César à ma grand-mère maternelle – priorité aux anciens –, qui a voulu l’exposer là où elle pouvait le mieux en profiter : sa table de cuisine. Ce prix lui revient parce que c’est elle qui a eu peur pour moi quand j’ai démarré dans ce métier", a-t-il commencé par confier.

Et de raconter sur son inquiétude face à un avenir incertain : "Nous avons eu de longues conversations sur le cinéma, le monde du spectacle qui pouvait lui paraître assez nébuleux et fait d’incertitudes. Je vois donc ce César comme un encouragement à poursuivre, mais sûrement pas comme un aboutissement. C’est même un peu étrange pour moi d’en parler, parce que je sais à quel point cette profession peut être fluctuante". "Mais ce César n’a pas changé ma façon de travailler, ni ma passion pour le cinéma. Cependant, après ça, j’ai reçu plus de propositions, et j’ai pris la mesure de la rareté d’un bon scénario avec un beau rôle et un réalisateur qui nous désire : il faut un sacré alignement de paramètres pour en arriver là", a-t-il conclu. 

Par
Kahina Boudjidj