« J’ai passé 3 ou 4 années dans une espèce d’errance » : la touchante confidence de Pio Marmaï sur la mort de sa mère

Mis à jour le 8 janvier 2026 à 22:24
David Niviere/ABACAPRESS.COM
Le comédien, qui est à l’affiche actuellement du film Une année difficile du duo Toledano/Nakache, vient de revenir sur le difficile deuil de sa mère morte en 2013 des suites d’un cancer.

"Tout a pété d’un coup." C’est le terrible constat fait par Pio Marmaï lorsqu’il évoque la mort de sa mère dans un entretien accordé au quotidien Le Monde. Le comédien évoque ainsi avec pudeur et émotion la lutte menée contre un cancer du sein par celle qui lui a donné la vie. "La dureté de l’accompagnement dans la maladie, la douleur, la chimio qui ne marche pas… J’ai cru que je maîtrisais mais j’ai passé les trois-quatre années qui ont suivi dans une espèce d’errance…", explique Pio Marmaï.

Pour surmonter cette épreuve et accepter ce deuil, le comédien a été suivi par un psy mais garde peu de souvenirs de leurs séances ensemble, à part "les tableaux sur les murs". "C’est comme si tout ce que je lui avais raconté, je l’avais mis dans un sachet en disant : « Faites-en ce que vous voulez »", poursuit-il avant de se reprendre et d’avouer qu’il "sait très bien ce qu’il y avait dans ce sachet". "Mais j’ai toujours été très pudique. Et comme ma mère, j’ai tendance à juger ceux qui se plaignent", se justifie-t-il.

Pio Marmaï se confie également à cœur ouvert sur l’image qu’il a longtemps renvoyée dans le monde du cinéma, celui, comme le dit Le Monde, d’un "gros lourd" alors qu’il aime autant Pasolini et Roy Andersson que les films populaires. "J’ai toujours été à cet endroit de tiraillement, le cul entre deux chaises. Et je n’ai jamais voulu choisir. Je me disais que les gens comprendraient. Mais non ils se disent : il est costaud, il fait de la mécanique, donc il doit être un peu con".

"Aujourd’hui, c’est digéré, c’est plus une force qu’autre chose. Mais, à l’époque…", regrette Pio Marmaï qui évoque aussi la vision qu’il a de son métier. Pour lui c’est davantage une "question de sens" que de plaisir. "On a cent mille fois plus souvent le sentiment de l’échec", ajoute celui qui a toujours cherché "un endroit qui lui convienne" et à être "à sa place".

Par
Clara Kolodny