Huit décennies de carrière, vingt-six albums et des tubes repris dans le monde entier n’auront pas suffi à protéger le chanteur des déboires financiers… "Je continue de monter sur scène pour voyager mais aussi pour manger. Pour vivre, au sens premier du mot", a-t-il avoué à nos confrères de Paris Match. Et de préciser, grave : "J’ai fait faillite". Rien à voir avec une vie de flambeur. L’artiste explique avoir été grugé pendant soixante ans par des collaborateurs qu’il croyait de confiance.
À lire également
Hugues Aufray escroqué ?
"C’étaient des escrocs. Des gens très intelligents et bien placés dans le métier. Ils ont profité de ma naïveté", a-t-il regretté. Il raconte ainsi comment certaines de ses chansons ont été traduites et attribuées à d’autres artistes : "J’avais rapporté des musiques des États-Unis, des chansons que personne ne connaissait en France. Je les ai confiées à un éditeur qui s’est empressé de les traduire et de les faire chanter par d’autres. ‘J’entends siffler le train’, par exemple, c’était mon morceau et il a été donné à Richard Anthony…". Privé d’une partie des revenus générés par ses succès, Hugues Aufray a dû faire des choix difficiles…
Le chanteur a dû vendre sa maison
"J’ai vendu ma maison de Marnes-la-Coquette. Elle était trop grande, et mes enfants étaient sans le sou lorsqu’ils sont partis à droite et à gauche. Puis il y a eu l’arrivée de mes petits-enfants. Alors j’ai tout donné. Comme ça, pas de scandale à l’héritage", a-t-il détaillé à nos confrères. Aujourd’hui, il vit gracieusement dans l’ancienne demeure d’Aristide Maillol, dans les Yvelines, tandis que sa fermette en Ardèche appartient désormais à sa fille aînée Marie. Plutôt que de ressasser, l’artiste choisit de relativiser : "C’est en quelque sorte une chance, ces faillites. Philosophiquement et moralement, je considère l’argent comme dangereux. Je ne me suis pas méfié, mais je n’ai aucun regret".
Un regard tourné vers l’avenir
À 96 ans, le chanteur ne songe ni à la retraite ni à se plaindre. Ce qui l’inquiète, ce n’est pas l’argent, mais le temps : "S’il vous plaît, mon Seigneur, accordez-moi quatre années de pleine conscience. Je veux tous mes moyens pendant encore quatre ans". Quant aux débats autour de l’aide à la fin de vie, il ne s’y sent pas concerné car "Ce n’est pas dans six mois ou même un an que ça arrivera". "Moi, j’ai des choses à faire !", a-t-il conclu serein.