“J’ai eu la chance d’être diagnostiquée tôt” : Alice Detollenaere, marraine de l’association Ruban Rose, se confie sur cette belle responsabilité

Mis à jour le 8 janvier 2026 à 17:35
Domine Jerome/ABACA
Alice Detollenaere a fait le choix de parler de son cancer du sein afin de sensibiliser le maximum de femmes possible. Elle a, de nouveau, été choisie cette année pour être la marraine de l'association Ruban Rose et s'est confiée sur cette belle responsabilité à Télé 7 jours alors que le mois de prévention, octobre rose, commence tout juste. 

Avez-vous tout de suite pensé à communiquer sur les réseaux sociaux sur votre cancer du sein ?

Alice Detollenaere : À la base, l’intimité… j’ai envie de dire, j’étais mannequin et mannequin lingerie (rires). C’est vrai que là, on ne partage pas la même intimité. C’est sûr qu’on se met plus à nu, mais d’une façon différente, on va dire. Dans un premier temps, si j’en ai parlé, c’est parce que ça me faisait du bien à moi et que je ne savais pas trop comment communiquer là-dessus. D’ailleurs, c’est pour ça que c’est un vrai sujet, le fait de se dire ‘Est-ce qu’on en parle ? Est-ce qu’on en parle pas ?´. Parce qu’il n’y a pas vraiment d’entre deux. Quand on le dit, c’est dit. Dans un premier temps, c’était pour moi.

Ensuite, quand j’ai vu tous les retours qu’il y a eu au niveau des personnes, des associations, des événements, tout ça, ça m’a poussée à continuer parce que je me suis dit qu’il y a un besoin d’informations. Et puis après, ça marquait un tournant pour plein de choses. C’est-à-dire que même professionnellement, je ne me suis associée qu’avec des marques qui allaient dans le sens de la prévention. Parce que j’avais vraiment envie que ça s’inscrive sur le long terme et que ça ait une vraie signification. J’ai eu la chance d’être diagnostiquée tôt et que mon histoire, avec du recul, soit ´belle’, donc j’aimerais en faisant de la prévention qu’une femme ne passe pas à côté de sa chance d’être dépistée tôt. 

Comment avez-vous découvert que quelque chose n’allait pas ? Étiez-vous bien informée sur le cancer du sein ? 

Alors moi, non, je ne faisais pas un super bon suivi. Je n’étais pas une très bonne élève (rires) mais par contre, je faisais quand même de la palpation parce que dans ma famille, il y avait eu un cas de cancer du sein, très grave. Et que du coup, c’est surtout ma meilleure amie qui me disait : ‘Il faut absolument que tu fasses ta palpation’. Elle saoulait un peu tout le monde avec ça, mais heureusement ! Un jour, j’ai senti une boule dans mon sein. Je ne me suis pas alarmée parce que je crois que deux semaines auparavant, elle-même, ma copine en question, avait eu une boule et à la mammographie, c’était un kyste. Je me suis dit : Moi aussi, ça va être pareil. Et en fait à 32 ans, c’était l’annonce d’un cancer. 

Vous remerciez beaucoup Camille Lacourt, votre amoureux, par rapport à sa présence tout du long. Beaucoup de femmes sont abandonnées par leur compagnon lorsqu’elles apprennent la maladie… Montrer qu’il est présent était-il un moyen indirect de montrer le ´bon exemple’ ? 

Ce n’est même pas indirect (rires). C’est clairement assumé parce que c’est important de montrer l’importance des accompagnants, de les mettre aussi en valeur parce que c’est très dur ce qu’ils vivent. Eux, ils ne portent pas physiquement la maladie mais ils la portent au moins mentalement. Il y a même plus d’accompagnants en France qu’il n’y a de malades. Il y a 30% des femmes qui sont quittées à l’annonce d’un diagnostic, que ce soit avant pendant ou après… J’imagine qu’il y a des couples qui, déjà, de base, n’allaient pas bien parce que quand on quitte une personne pour ça, c’est qu’on ne tient plus à elle. Mais en tout cas, ça reste quand même des moments difficiles et, ça me tient vraiment à cœur que Camille, avec son accord bien sûr, montre un bon exemple pour les autres personnes qui sont touchées. 

Vous êtes une nouvelle fois marraine de l’association Ruban Rose. Comment vous a-t-on proposé ce rôle ?

On m’a contactée il y a un an. Quand je les ai rencontrés, il fallait voir si le feeling passait parce que de toute façon, avant tout, c’est une aventure humaine. On s’est rencontrées avec les autres marraines et ce qui était bien, c’est qu’on a tout de suite vu que déjà, ça matchait. En plus, on avait toutes une façon différente d’aborder le cancer du sein donc c’était bien, l’histoire était complète. 

Publier un livre sur le sujet, c’était une sorte d’exutoire ?

Complètement, parce que déjà, les 3/4 de mon livre, qui s’appelle Guérie par ton amour, je les ai écrits avant de savoir que je le publierai. J’ai écrit pendant le confinement parce que ça me faisait du bien et de toute façon, ça fait longtemps que je l’écris (rires). Je pense que chacun doit trouver un exutoire. C’est une période qui est très difficile. Je ne fais pas trop la promo de mon livre, parce que je ne l’ai pas écrit à la base pour le publier. C’était vraiment très intime. Si c’était aujourd’hui, je réécrirais plus un livre par rapport aux autres femmes mais je l’assume parce que c’était important pour moi de remercier surtout l’homme de ma vie. 

Quel message souhaitez-vous faire passer aux femmes de manière générale ? 

J’aurais envie de leur dire une seule chose et il faut qu’elles s’en souviennent tout le temps, c’est le dépistage. La seule chose qu’on maîtrise dans un cancer du sein, c’est le temps du dépistage. On ne sait pas quel cancer du sein on va avoir, on ne sait pas comment ça va se passer. La vie nous emmène dans des travers, on ne sait pas où on va aller… Mais par contre, le plus tôt c’est le mieux parce que le sein, ce n’est pas un organe vital, on le reconstruit, on avance. Par contre, une maladie systémique parce que c’est sorti du sein, ce n’est pas du tout la même histoire, donc vraiment, on a tout à gagner à aller se faire dépister. 

Comment la proposition a été faite à Camille pour devenir la figure de l’accompagnant lors de cette campagne ? 

Alors, ce n’est pas moi qui ai proposé Camille en tant que figure de la prévention pour cette année au rôle des accompagnants. C’est l’association elle-même pour qui ça apparaissait évident. C’était important de mettre les accompagnants en avant, il y a beaucoup de malades en france et pas simplement du cancer du sein et des accompagnants, il y en a plus encore. On est peut-être seul à porter la maladie physiquement mais à la porter mentalement on est toujours plusieurs et c’est important de mettre en lumière ces personnes car si elles ne sont pas là, c’est très difficile pour le malade. Elles sont complètement indispensables. 

Avez-vous eu votre mot à dire ? 

Bien sûr, j’ai eu mon mot à dire. Pour être complètement transparente, on m’a demandé à moi avant de demander l’avis de Camille. De toute façon, avec Camille on prend toutes nos décisions à deux dans la vie surtout sur des décisions qui me concernent et un sujet aussi délicat que celui-ci, c’était un sujet sur lequel on devait réfléchir à deux car il n’est pas sans conséquences. Ça a été très naturel de le faire devenir la figure de prévention cette année. 

Comment vivez-vous le fait de travailler ensemble sur cette campagne ?

C’est bizarre un petit peu même si on a l’habitude de faire des événements ensemble. Depuis que je suis avec Camille, on fait toujours des événements à deux que ça soit autour du sport, des événements médiatiques donc c’est toujours lui qui est mis en avant et moi qui suis en retrait et c’est vrai que depuis qu’on fait de la prévention tous les deux, c’est l’inverse. C’est plutôt moi qui suis en avant et lui qui se met un petit peu en retrait et là, c’est la première fois qu’on va faire quelque chose main dans la main. On est à 50/50 on va dire donc c’est un équilibre à respecter parce qu’on est les représentants des autres et l’un ne doit donc pas prendre le pas sur l’autre. 

Guérie par ton amour, d’Alice Detollenaere, aux éditions Leduc. 

Par
Kahina Boudjidj