François Cluzet, acteur français incontournable au cinéma et au théâtre, signe un retour remarqué sur les planches. Il brille dans la pièce Encore une journée divine, où il incarne un psychologue confronté à l’internement. Il s’était confié début janvier 2025 à nos consoeurs de Version Femina sur son retour sur les planches et son désir plus jeune de prendre sa "revanche". "J’ai vite eu conscience qu’il me fallait un métier où je me surpasse pour recevoir l’amour dont j’avais manqué et prendre ma revanche sociale. Je ne voulais plus livrer de journaux dans le noir et le froid, avoir peur…", avait-il expliqué.
François Cluzet prêt à arrêter le cinéma ?
Puis de préciser au sujet de son goût pour le cinéma : "Quand j’ai commencé, l’intérêt porté aux gravures de mode s’était déplacé sur des petits gars normaux comme moi, auxquels le public pouvait s’identifier. J’ai fait ce métier pour être aimé et changer de statut social. J’y suis arrivé, mais désormais je n’attends rien du cinéma". "En vieillissant, le spectre des rôles s’est réduit, et sur les tournages on me sert du ‘Monsieur’ avec le respect que l’on accorde aux anciens. Des acteurs plus jeunes tiennent la barre, c’est une évolution normale, et je n’en tire aucune frustration. D’ailleurs, je pourrais ne plus tourner pour ne faire que du théâtre. Je crois fondamentalement au sacré de la scène, à l’oxygène, au temps, au rire et à l’émotion partagés avec le public", avait-il conclu.
"J’ai espéré pendant vingt-cinq ans"
Dans une interview accordée cette fois-ci à nos confrères de Paris Match, le mari de Narjiss Slaoui-Falcoz, s’est livré sur l’une de ses plus grandes attentes dans sa carrière d’acteur. S’il attendait un projet ambitieux avant d’accepter de remonter sur scène ? Absolument. "Oui, parce que finalement, comme tous les acteurs de cinéma, on me proposait toujours des pièces comme si je ne savais pas ce qu’était le théâtre. Or j’ai commencé à 18 ans chez Alain Françon ou André Engel. Puis le cinéma m’a proposé de belles choses. Et pendant ce temps-là, ce qu’on m’offrait au théâtre était des textes plus ou moins chiants", a-t-il d’abord regretté.
Le comédien ne s’est pas arrêté là et a précisé qu’il savait qu’il se lasserait rapidement de ce genre de projet. Puis de détailler : "J’avais aussi quelques regrets liés à ma dernière expérience sur les planches. Les acteurs finissaient par s’automatiser, faire des effets, c’était pénible. Je n’étais pas d’accord avec mes partenaires. Moi, je disais : ‘Il faut être vivant, c’est le rôle de l’interprète’. On me rétorquait que le public du mardi devait avoir le même spectacle que celui du mercredi. Ce qui était complètement con. Je crois à ce qu’a dit Marivaux : ‘Les acteurs sont ceux qui font semblant de faire semblant’". "Donc, j’ai attendu, espéré pendant vingt-cinq ans recevoir un jour un truc un peu costaud", a-t-il conclu avec franchise.