La célébrité fait rêver, mais George Clooney rappelle qu’elle coûte beaucoup. À l’affiche du film Jay Kelly, disponible le 5 décembre sur Netflix, l’acteur en profite pour livrer une réflexion rare sur les effets corrosifs de la notoriété, les illusions qu’elle entretient et les dérives qu’elle peut provoquer. Un thème qui traverse le film… mais aussi sa propre vie. Dans Jay Kelly, il incarne un acteur adulé qui finit prisonnier de son image, rattrapé par les concessions et les regrets. Un rôle miroir, sans être autobiographique comme il le confie à nos confrères de Télé Cable Sat.
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Quand la notoriété modifie tout…
"Jouer un homme qui prend conscience trop tard de ce qu’il a laissé filer, c’est forcément questionner sa propre vie", confie-t-il d’emblée. Loin de s’enfermer dans le mélodrame, il tempère : "Juste de la tendresse, de l’expérience et l’envie claire de ne pas confondre succès et bonheur". Pour George Clooney, "La célébrité ne vous change que si vous la laissez faire". Il dit la devoir à son éducation, à une famille où "l’on parlait beaucoup, où l’on riait aussi", et à une succession de petits boulots qui lui ont "aplati" l’ego plus efficacement que n’importe quelle leçon de morale. "Quand vous vendez des assurances en porte-à-porte ou que vous portez des caisses dans un entrepôt, vous ne développez pas beaucoup d’ego ou alors il se fait rapidement aplatir. (Rire.)", assure-t-il avec humour.
Mais la notoriété a aussi un prix. Le plus lourd, selon lui, n’est pas pour lui, mais pour ceux qui l’entourent… "Ce qui me touche le plus, ce sont mes enfants. Ils n’ont rien demandé et ils subissent la célébrité de leur père. Sortir peut devenir compliqué. Mais quand je compare aux difficultés que vivent tant de gens, je n’ai pas le droit de me plaindre", confie-t-il. Le mari d’Amal Alamuddin admet même envier parfois l’anonymat ! "Aller au supermarché tranquillement, ce serait agréable. (Rire.)", avoue-t-il. Mais il refuse néanmoins de se plaindre : "J’ai une vie incroyable. Et mes enfants n’ont aucun respect pour ma célébrité, ce qui est parfait. Pour eux, je suis le gars qui prépare des pancakes, souvent ratés. C’est la meilleure façon de rester vrai".
Voir la célébrité sans caricature
Dans Jay Kelly, Noah Baumbach plonge dans les coulisses de ce monde souvent fantasmé George Clooney salue d’ailleurs ainsi sa justesse : "Avec Jay Kelly, le réalisateur et scénariste Noah Baumbach a voulu éviter la caricature du ‘monde des stars’. Il montre en revanche ce que l’on voit rarement : le travail quotidien, l’attente, les compromis, les doutes… et les blagues idiotes qui sauvent tout".
À la question des œuvres qui décrivent vraiment les coulisses d’Hollywood, il cite à Télé Cable sat The Player de Robert Altman et Call My Agent! (Dix pour cent) : "Ce n’est pas entièrement la réalité, mais c’est observé avec beaucoup d’affection. Je vais d’ailleurs participer au film qui sortira en 2026". Le personnage qu’il incarne est rongé par l’isolement et le regret. Deux états qu’il dit avoir toujours refusé. "Jay est isolé, il s’est coupé du monde réel. Moi, j’ai toujours fait l’inverse. Je suis marié à une femme brillante, j’ai deux enfants qui me ramènent à la réalité à 6 heures du matin, même si j’ai gagné un oscar la veille", raconte-t-il à nos confrères.