À 40 ans, Amel Bent entame une nouvelle étape de sa carrière. Vingt ans après ses débuts dans Nouvelle Star, la chanteuse a sorti son huitième album, Minuit une, dévoilé le 16 mai dernier. L’occasion pour elle de se livrer à cœur ouvert sur ses inspirations, ses blessures et ses doutes. Ce nouveau disque porte la trace des épreuves traversées par l’artiste ces derniers mois, notamment la disparition de sa grand-mère en novembre dernier.
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L’ombre du deuil et l’hommage à sa grand-mère
Invitée de Laurent Delahousse dans 20h30, le dimanche, il y a quelques mois, Amel Bent avait raconté combien cette perte a bouleversé toute sa famille : "Très, très, très triste évidemment et un peu perdue, comme le reste de notre famille. C’était une femme qui nous a gardés tous ensemble, très forts, très liés. Le train d’union avec énormément de choses. Un pilier… C’était le pilier de la famille. Quand ce pilier s’en va, on se demande comment on va continuer à garder cette vie qu’on avait avant sans elle".
Avec la chanson Mima, la chanteuse a voulu lui rendre hommage. "On se rend compte que, même quand la personne n’est pas là physiquement, elle nous a laissé beaucoup plus que ce que l’on imagine", a avoué la chanteuse. Émue, elle a également confié avoir perdu ses deux plus grandes sources d’inspiration : "J’ai perdu mes deux grandes sources d’inspiration, c’était Charles Aznavour et ma mamie. C’est à eux que j’ai toujours rendu hommage de leurs vivants, sur tous mes concerts, et je crois que je n’aurai jamais de cesse de penser et à Charles et à Aïcha pour la mélancolie, pour cette éducation merveilleuse, à la vie, à l’amour et aux autres. Et grâce à eux, je n’ai pas peur, ni d’avoir du chagrin, ni de rester forte aussi".
Quand l’amour se fragilise
Dans les colonnes de Soir Mag, Amel Bent a expliqué vouloir, avec cet album, montrer une facette plus intime d’elle-même : "J’arrive avec l’envers du décor, quand je redeviens une maman avec ses angoisses, la liste de courses, la famille, tous les trucs à faire… Moi, je suis normale, peut-être trop. Je n’aime pas le luxe, l’opulence. Je ne viens pas d’un milieu bourgeois. Les trois quarts de mon temps, je les passe avec des gens qui mènent une vie normale, qui bossent, qui ont des difficultés… J’ai une grande famille. Non seulement je raconte mon histoire, mais je m’inspire aussi de ma sœur, mes cousines, ma mère, mes tantes, mes voisines… Aucune femme n’est épargnée par pas mal de questions que j’évoque…".
Au fil de ses chansons, Amel Bent évoque aussi l’amour, ses forces mais aussi ses fragilités… Elle a reconnu avoir traversé une période de doutes au sein de son couple : "C’est un questionnement. Quand on est en couple depuis longtemps, je trouve étrange de ne pas se poser la question. Quand je mûrissais cet album, je traversais une période de deuil, j’étais dans un état de grande fébrilité, et je me suis enfermée dans mon chagrin. Quand on a beaucoup de chagrin et de colère, on a l’impression que personne ne peut nous comprendre". La chanteuse a poursuivi : "Alors que j’ai une relation très fusionnelle avec mon amoureux [l’homme d’affaires Patrick Antonelli, ndlr], ce que je vivais était si douloureux qu’il ne pouvait pas entrer dedans. Ce chagrin, il fallait que je le vive seule. Et c’est à ce moment-là de notre relation que je me suis posé cette question". "C’est une question ouverte. Chacun a sa réponse. Moi j’ai eu la mienne, positive…", a conclu une Amel Bent sereine.