Le parcours de Théo Curin a été marqué par la résilience et la détermination, mais a aussi été profondément influencé par une rencontre déterminante lorsqu’il était enfant. Invité du programme Les Voix montantes, dont le concept est de donner donné l’opportunité aux jeunes talents entre 18 et 25 ans, porteur de handicap visible ou invisible, d’interviewer une personnalité incarnant l’inclusion et qui fait bouger les lignes, il a raconté avec émotion le moment où sa perception du handicap a changé.
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Une rencontre marquant avec Philippe Croizon
C’est sa mère qui, la première, a découvert l’histoire d’un homme amputé des quatre membres et qui menait une vie épanouie et autonome. Enthousiasmée par ce témoignage, elle a voulu partager cette histoire avec son fils. "Ma maman a lu le livre d’une personne qui a eu une amputation des quatre membres. Elle a vu que ce monsieur avait une vie incroyable. Quand ma maman m’a raconté l’histoire de Philippe [Croizon], j’avais tout de suite envie de le rencontrer et cette rencontre a eu lieu. Il est venu chez moi en Lorraine et c’était complètement fou", s’est souvenu l’animateur.
Un autre détail a également marqué son esprit. En voyant la femme qui accompagnait cet homme sortir du véhicule, une nouvelle évidence s’est imposée à lui : son handicap ne l’empêcherait peut-être pas d’avoir une vie sentimentale. "Je me suis dit ‘wow, je vais pouvoir avoir une femme quand je serai grand’. J’avais l’exemple sous mes yeux que ce monsieur avait une vie de famille, une vie d’adulte et ça m’a profondément rassuré, ça m’a permis de me relancer", a-t-il confié.
"Est-ce qu’on va bien vouloir de moi ?"
Dès son plus jeune âge, Théo Curin a su utiliser son handicap non pas comme un obstacle, mais comme une force lui permettant de tisser des liens avec les autres. Bien sûr, des doutes ont parfois traversé son esprit comme il l’a confié dans Les voix montantes. "Est-ce qu’on va bien vouloir de moi ? Est-ce que les filles, à notre âge, elles ne vont pas avoir peur de mon handicap ? Est-ce que ça va être une gêne ?", a-t-il parfois pu se demander. Dans la cour de récréation, il a rapidement trouvé un moyen de se faire accepter par ses camarades : "J’ai tout de suite utilisé ce handicap limite pour me faire des amis dans la cour de récréation, les petits garçons montaient sur mon fauteuil et on faisait des courses dans les couloirs".
Avec les filles, son approche était tout aussi spontanée puisqu’il a raconté : "Je demandais aux jeunes filles de m’aider à fermer ma veste, de mettre ma trousse dans mon cartable, et tout ça a créé des rapprochements. Et ça n’a été à aucun moment un frein dans les relations amoureuses". L’expérience amoureuse de Théo Curin ne s’est d’ailleurs pas arrêtée aux jeux de l’enfance. Au fil des années, il a continué à appréhender l’amour avec la même simplicité et la même sincérité. Son premier baiser, vécu dans la cour de récréation, reste un souvenir marquant qui a confirmé que son handicap n’était en rien un frein à sa vie affective. Il a d’ailleurs dévoilé : "Et puis j’ai fait mon premier bisou dans la cour de récréation comme tout le monde. Et là, tout de suite j’ai été rassuré".