“D’un coup, vous avez honte de vous-même” : Laure Calamy revient sur ses années difficiles à l’adolescence

Publié le 31 janvier 2025 à 16:18
Castel Franck/ABACA
Actuellement sur scène dans "Peau d'homme", l’adaptation de la bande dessinée d’Hubert et Zanzim, mise en scène par Léna Bréban, Laure Calamy s'est, entre autres, confiée au Monde sur son enfance et son adolescence qui ont parfois été compliquées. 

Comme chaque semaine, nos confrères du Monde interrogent une personnalité sur un moment décisif de son existence. Laure Calamy qui est depuis le 23 janvier dernier sur les planches du Théâtre Montparnasse dans Peau d’homme, l’adaptation de la bande dessinée  d’Hubert et Zanzim, mise en scène par Léna Bréban, s’est confié au média. Elle en a profité pour revenir sur son enfance et son adolescnece qui n’ont pas été de tout repos pour la jeune fille et la jeune femme qu’elle a été. Si elle a toujours voulu être comédienne ? Affirmatif. "Oui, je savais que, dès que j’arriverais à Paris, je chercherais un cours de théâtre. Mais, pour rassurer mes parents, je me suis inscrite dans une fac de philo et, sur les conseils de l’ami comédien de mon père, j’ai intégré, en parallèle, le cours de Jean Brassat au centre culturel Houdremont, à La Courneuve [Seine-Saint-Denis]", s’est-elle d’abord souvenue. 

Une scolarité compliquée…

Sur sa scolarité, la comédienne ne garde par de bons souvenirs… "J’ai eu un rapport compliqué et conflictuel avec l’école. Ma scolarité fut très inégale. J’ai un souvenir formidable de mon enseignante de maternelle, Bernadette. Quand je reparle d’elle, j’en ai les larmes aux yeux. Cette femme était géniale. Elle offrait aux enfants la liberté d’être comme ils sont. A l’inverse, l’arrivée en CP, avec l’obligation de rester assise non-stop a été terrible", a-t-elle raconté au Monde. Et de raconter : "En CE2, j’ai eu une institutrice un peu traumatisante qui, d’ailleurs, a été mutée à la suite de plaintes de parents. Elle était sadique. Comme beaucoup de petites filles, je me sentais nulle en maths. Systématiquement, elle m’envoyait au tableau, me prenait la tête entre ses mains et la balançait d’arrière en avant en braillant : ‘Je suis un âne, je veux du foin’".

Laure Calamy se confie sur la douleur de l’exclusion

Au collège, hélas, le constat n’était pas meilleur, au contraire. Laure Calamy s’est rappelée de ces filles au collège qui lui ont donné du fil à retordre. "Je me sentais mal, comme cela arrive à beaucoup d’adolescents. Il y avait au collège un groupe de filles qui avait le dessus. Elles étaient un peu les reines qui décidaient de qui était intéressant, et de qui ne l’était pas. Comme j’étais renfermée, mal à l’aise, elles ont commencé à m’exclure", a-t-elle confié. Et de poursuivre : "D’un coup, vous avez honte de vous-même. Mon mode de défense était de raser les murs, de faire comme si je n’existais pas, d’être transparente. C’était affreux".

Fort heureusement, l’adolescente qu’elle était à l’époque a eu l’occasion d’avoir une coupure en partant durant les vacances d’été en Martinique avec une amie dont le papa y était gendarme. "M’éloigner de ma province, où tout le monde se connaît, a été une libération. Le fait de pouvoir être regardée autrement, ailleurs, cela m’a complètement transformée", a-t-elle reconnu. Et de conclure sur le changement que ce voyage a permis d’opérer en elle : "A mon retour, j’attendais presque que les filles qui m’avaient exclue viennent me parler pour en découdre".

Par
Kahina Boudjidj