C’est un besoin d’écrire pour vous ?
J’ai toujours écrit. J’ai commencé par faire du théâtre puis j’ai commencé à écrire pour des pièces, un peu pour le cinéma, et j’ai aussi écrit un court métrage et un long métrage. L’écriture de romans est arrivée plus tard. Pour moi, les romanciers se sont toujours des grands auteurs. Et finalement, j’ai eu la chance de rencontrer Jean-Bernard Pouy, un romancier qui a créé le personnage du Poulpe. J’ai écrit dans sa collection. C’était le siècle dernier (rires) ! Et ce livre s’est bien vendu sans publicité, avec le bouche à oreille. On en a vendu 6000 quand même, ce qui n’est pas si mal. Et ensuite, j’ai écrit un deuxième roman, Fin de série, qui est un hommage à Daniel Rialet. Une productrice a voulu faire l’adaptation. Malheureusement, c’est compliqué d’en faire à la télévision, il faut avoir une obstination incroyable ! Il y a ensuite eu le roman qui s’appelle La Petite mort de Virgile. Et là, j’écris un livre qui n’est pas policier. C’est un peu dans l’esprit de La Bicyclette bleue (de Régine Deforges, ndlr).
Vous avez scénarisé Omnibus, réalisé par Sam Karmann, qui a eu l’Oscar du meilleur court métrage en 1993…
Ce film est toujours vivant ! Je reçois encore un peu de droits d’auteur, c’est incroyable ! Ce court métrage est né d’une histoire que j’ai racontée à l’époque de Navarro. On dînait souvent, toute la bande, au restaurant après le tournage. Un soir j’ai raconté cette histoire-là qui m’est venue d’une petite anecdote. La fête, l’alcool, tout ça… J’ai commencé à délirer… Sam m’a dit : "Il faut qu’on en fasse un film !" On a écrit l’histoire et on a fait ce film entre amis : tous les comédiens et les techniciens étaient de Navarro. C’est un film d’amis. On l’a proposé à des producteurs. L’un d’entre eux avait pignon sur rue. Il nous a dit : "C’est formidable ! On aime beaucoup mais on ne peut pas le tourner avant un an !" Mais nous, on avait beaucoup de travail, ça nous arrangeait bien.
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Et vous avez fini Palme d’or du court métrage au Festival de Cannes 1992 puis aux Oscars !
On s’est dit : "Le film est bien". D’un seul coup, le producteur nous a dit : "Vous êtes à la Quinzaine des Réalisateurs, c’est formidable !" Et là, il nous a rappelés pour dire qu’on annulait, car on était sélectionnés à la Palme d’Or. On s’est dit : "Tant pis, si personne ne voit le film à part les huit jurés, ça sera tant pis pour nous !" Mais ça nous amusait. On n’y croyait pas ! On a eu les Bafta Awards à Londres puis les Oscars.
Quels souvenirs avez-vous des Oscars ?
Sam ne pouvait pas y aller. J’étais avec ma fille Julie-Anne Roth (avec qui il joue dans Les Pennac(s), ndlr). J’avais le droit d’inviter une personne. C’était son anniversaire et elle est partie avec moi à Los Angeles. On s’est retrouvés à la cérémonie des Oscars. Il y avait évidemment toutes les grandes stars ! A un moment, il y eu l’Oscar du meilleur court métrage. Ils ont diffusé des extraits des films nommés, dont le nôtre. On était au dernier rang, car aux Etats-Unis, les courts métrages sont au fond de la salle. Et d’un seul coup, Omnibus a eu l’Oscar ! Il y a eu deux cons qui gueulaient au fond de la salle, c’était drôle ! C’est un souvenir incroyable !
Les Pennac(s) sont à voir ce soir à 21h10 sur France 3