« C’est un mouroir » : l’humoriste Constance se confie sans détour sur son séjour en hôpital psychiatrique

Mis à jour le 8 janvier 2026 à 17:35
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Diagnostiquée bipolaire, la comédienne a raconté dans "Quotidien" sur TMC son combat contre la maladie mentale, qui est le sujet de son nouveau spectacle.

inConstance, c’est le nom du nouveau seule-en-scène de Constance, à l’affiche de la Comédie de Paris jusqu’au 4 janvier puis en tournée dans toute la France en 2025. Ce spectacle marque le retour de l’humoriste après trois ans d’absence, alors qu’elle n’avait pas pris une seule pause depuis ses débuts en 2007 et son succès grâce à On n’demande qu’à en rire en 2010. À force d’être constamment sur scène, Constance n’a pas pris le temps de régler ses problèmes personnels comme elle l’a raconté à Yann Barthès sur le plateau de Quotidien ce mardi 1er octobre 2024 sur TMC.

Constance guérie de sa dépression : elle évoque ses tentatives de suicide

Cela l’a menée à un burn-out, puis à une dépression avant d’être diagnostiquée bipolaire et hospitalisée. "Et puis je suis revenue, et ça va, en fait ! C’est tout un chemin qui est intéressant, quand on est dedans, on a l’impression que c’est terrible, qu’on ne va pas s’en sortir. Je voulais revenir avec un message d’espoir. La dépression, c’est une maladie qu’on peut guérir", a souligné Constance, qui a vécu le parcours du combattant pour avoir le bon diagnostic, et qui a ensuite traversé "des phases absolument épouvantables". L’attente du traitement a été très dur, tout comme l’hospitalisation qui a été une source de "moments très dangereux". Constance a tenté de se suicider à quatre reprises et est tombée dans le coma : "La dépression, ça peut être mortel, on oublie de le préciser. (…) Vous prenez énormément de poids avec le traitement, vous ne ressemblez plus à rien, vous êtes un mort-vivant". Pour l’humoriste, "s’habiller, se laver" ou encore "tenir une conversation" étaient des tâches extrêmement difficiles à accomplir.

L’humoriste dénonce la terrible situation des hôpitaux psychiatriques publiques

Mais la lumière se trouve bel et bien au bout du tunnel : "Une fois que vous avez le bon psychiatre, la bonne clinique et le bon traitement, vous vivez normalement". Toutefois, Constance n’a pas pu se contenter de la clinique pendant toute la durée de son traitement : "Ça coûte très cher d’être hospitalisé dans le privé, il y a très peu de mutuelles qui couvrent la maladie mentale". L’artiste a donc dû séjourner à l’hôpital psychiatrique, une épreuve dont elle se serait bien passée : "La psychiatrie, c’est vraiment le parent pauvre de la médecine, c’est un mouroir. On met les gens tous ensemble, même les soignants sont au bord du rouleau. C’est glauque. Si vous êtes seul, que vous avez un boulot que vous aimez pas, que vous faites une dépression et que vous allez en hôpital publique psychiatrique, je vois pas trop comment c’est possible de s’en sortir… C’est vraiment difficile, il n’y a pas d’espoir". Fort heureusement, Constance a eu "la grande chance" d’être entourée et de pouvoir se payer des séjours en clinique. Grâce à son nouveau spectacle d’humour inConstance qui traite de la santé mentale et de sa propre expérience sur le sujet, la comédienne bien connue des auditeurs de France Inter a reçu de très nombreux témoignages, notamment de personnes qui ont avoué ne jamais avoir dit à leur entourage qu’ils avaient été hospitalisés en psychiatrie. "La honte" est une "double peine", déplore Constance, qui précise avoir vu des patients de tous les âges et tous les milieux sociaux : "on est tous à égalité" face aux maladies mentales.

Par
Hugo Mallais