À 45 ans, Agustín Galiana livre pour la première fois les pages les plus intimes de son histoire dans une autobiographie parue aux éditions Leduc. Dans un récit empreint de pudeur et de résilience, le comédien et chanteur espagnol revient sur les blessures de son passé, les épreuves qui l’ont forgé et cette détermination qui l’a conduit de son petit village natal à une carrière accomplie en France.
À lire également
La vie ordinaire d’Agustin Galiana devenue source d’inspiration
Pour Agustín, cette autobiographie n’était pas une évidence. Pourquoi ? "Parce que les éditions Leduc m’ont proposé de rejoindre leur collection d’histoires inspirantes. Au début, je trouvais que ma vie n’avait rien d’exceptionnel. Mais c’est justement ça : je viens d’un petit village espagnol, j’ai traversé des épreuves, j’ai beaucoup galéré… et malgré tout, j’ai réalisé mes rêves. Je voulais dire aux gens "normaux" comme moi que c’est possible", confie-t-il à Nous Deux.
Le comédien face à la mort de sa soeur…
Derrière son sourire solaire, l’artiste cache un passé marqué par des blessures profondes… L’une des plus douloureuses concerne la mort de sa sœur María, disparue alors qu’elle n’était qu’un bébé. "C’était un secret de famille, un tabou. Elle est morte bébé et on n’en a jamais parlé. Pas de photo, pas même une plaque au cimetière. Je l’ai appris, j’avais plus de 30 ans", révèle-t-il.
Ce silence, il l’a longtemps porté comme un fardeau invisible. Il confie : "J’aurais aimé le savoir plus tôt. Quand tu grandis avec un non-dit pareil, tu sens un poids invisible. J’étais l’enfant de remplacement, celui qu’on appelle ‘l’enfant arc-en-ciel’ et qui ne doit surtout pas poser de problèmes".
Une enfance marquée par la séparation
À cette douleur s’est ajoutée une autre épreuve : le divorce de ses parents. "Ça, je m’en souviens très bien. J’ai vécu leur séparation de plein fouet, et surtout, j’ai adopté le récit de ma mère. Enfant, tu n’as pas les armes pour faire autrement", se souvient-il.
Et de détailler : "Mais plus tard, je me suis rebellé : je lui ai dit que désormais, elle devait respecter ma version de l’histoire. Que mon père avait une place dans ma vie. Ça n’a pas été simple… Elle m’a même mis dehors. Mais c’était nécessaire pour devenir moi-même".
Malgré ces tensions, sa mère a joué un rôle déterminant dans son parcours artistique comme il l’avoue : "Elle était moderne, indépendante et m’a ouvert des portes. C’est elle qui m’a poussé vers une école de théâtre, alors que je m’étais déjà lancé dans une formation à la danse. Je lui dois beaucoup".