Stéphane Bern : « Jamais je n’accepterai d’entrer dans un gouvernement »

Publié le 18 janvier 2024 à 13:24
Abaca
Si son nom a circulé lors du remaniement ministériel, notamment à la culture, le présentateur de Secrets d’histoire dément nourrir des ambitions politiques.

Voilà déjà 17 ans que Stéphane Bern passionne les Français avec Secrets d’Histoire. L’abdication surprise de la reine Margareth du Danemark au profit de son fils Frederik X officialisée le 15 janvier, France 3 a décidé de programmer prochainement un numéro inédit consacré à l’histoire de cette monarchie d’Europe du Nord. Cette émission nous plongera au cœur du XVIIIe siècle pour nous conter les amours tragiques de Caroline-Mathilde, épouse du Roi Christian VII avec son médecin personnel Johann Friedrich Struensee. Pour l’occasion, la chaine avait organisé un déjeuner de presse à la maison du Danemark sur les Champs Élysées en présence de son excellence l’ambassadeur Michael Starbæk Christensen.

Monarchie

Stéphane Bern s’est prêté au jeu des questions réponses. Il en a profité pour rappeler que la monarchie danoise était l’une des plus vieilles d’Europe. (Ndlr : Elle a été mise en place sous le règne de Gorm Le Vieux mort en 958.) "Si la famille royale n’a aujourd’hui plus aucun rôle politique, elle a valeur de symbole unificateur pour le peuple scandinave." a-t-il précisé

L’animateur a aussi évoqué ses projets notamment la série Bellefond dans lequel figurera Bruno Solo dans un prochain épisode "Un échange de bons procédés puisque j’ai joué le roi d’Angleterre Georges III dans un numéro de la série documentaire qu’il présente La Guerre des Trônes diffusée sur France 5.

Splendeur

"Bellefond occupe aujourd’hui une grande partie de ma vie. La série a rencontré son public avec 4 millions de téléspectateurs et j’ai l’impression que je m’améliore d’épisode en épisode. Nous avons déjà tourné deux nouvelles enquêtes cet automne".

Si le nom de Stéphane Bern a circulé lors du remaniement gouvernemental, celui qu’on désigne désormais comme "le Monsieur Patrimoine" en raison de son combat pour sauvegarder les splendeurs de notre passé a voulu mettre les choses au point : "Jamais je n’accepterai d’entrer dans un gouvernement. Emmanuel Macron m’a déjà proposé un poste prestigieux dans le patrimoine. Je l’ai refusé. Mon métier, c’est faire de la télévision. Une activité qui me passionne. J’accepte des missions bénévoles pour le patrimoine, d’aller faire des masters class sur l’histoire dans les écoles de quartiers défavorisés. J’accepte de donner mon temps pour le bien de la cité au sens noble du terme. Mais ma liberté est à mes yeux plus importante qu’un poste dans un ministère. Je suis d’ailleurs plus proche des Premières dames que des présidents. J’ai soutenu Mme Giscard d’Estaing pour la Fondation de l’Enfance, j’ai animé pendant des années les galas de Danièle Mitterrand au profit de son association France-Libertés. Quant aux pièces jaunes de Bernadette je les ai faites longtemps."

Mémoire

Le journaliste est actuellement engagé dans un combat pour préserver le pavillon de Marie Curie dans le 5e arrondissement de Paris menacé de démolition "L’Institut Curie veut y construire un laboratoire. Mais c’est un lieu où Marie Curie a travaillé. On a tous ses écrits. En fait, ils veulent faire à la place un lieu de confort pour les chercheurs. On me dit : "Il faut retenir Raphaël Rodriguez (ndlr : Directeur du groupe de recherche Chemical Biology à Curie)) sinon il va partir aux États-Unis." Ce n’est pas un argument. On leur a construit à grand frais des laboratoires à Saint-Cloud. Qu’il prenne le métro !"

Et l’animateur de mettre la pression sur la nouvelle ministre de la Culture Rachida Dati. "Elle m’a envoyé un tweet pour me soutenir. Depuis qu’elle est devenue ministre je n’ai plus de nouvelle." Gageons que la nouvelle ministre de la culture saura entendre l’appel de Stéphane Bern à classer ce lieu de mémoire.

Par
Hacène Chouchaoui