En retrait du cinéma depuis plusieurs années, Adèle Haenel a choisi de mettre son engagement au service d’une cause humanitaire d’ampleur. La comédienne française rejoindra ce dimanche la flottille "Global Sumud" au départ de Tunis, dans l’espoir d’acheminer de l’aide vitale vers la bande de Gaza assiégée.
Une mission humanitaire aux côtés de figures emblématiques
L’annonce d’Adèle Haenel a fait l’effet d’une petite bombe. Vendredi 5 septembre, l’actrice révélée par "Portrait de la jeune fille en feu" a confirmé à l’AFP sa participation à cette périlleuse expédition maritime. “Dans ce moment dramatique de l’histoire, j’ai pris la décision d’embarquer à bord d’un des bateaux de la mission humanitaire de la Global Sumud Flotilla”, a-t-elle déclaré avec détermination.
Son objectif est clair : envoyer aux Palestiniens du territoire assiégé “un signe que l’humanité est toujours là”. Cette initiative s’inscrit dans la continuité de son engagement politique, elle qui avait déjà annoncé en mai 2023 sa volonté de “politiser” son absence du cinéma pour rejoindre ceux “pour qui la recherche du sens et de la dignité prime sur celle de l’argent et du pouvoir”.
La comédienne ne sera pas seule dans cette aventure. Parmi les militants venus de plus de quarante pays figurent des personnalités de renom comme la militante écologiste suédoise Greta Thunberg, l’ancienne maire de Barcelone Ada Colau, ainsi que trois élus français de La France insoumise : l’eurodéputée Emma Fourreau et les députés Marie Mesmeur et Thomas Portes.
Une préparation minutieuse face aux dangers de la mission
Le départ du convoi tunisien, initialement programmé jeudi dernier, a été reporté à dimanche 7 septembre en raison des conditions météorologiques défavorables et du retard accusé par la flottille partie de Barcelone. Les militants tunisiens doivent en effet rejoindre ce premier groupe en pleine mer.
Arrivée dimanche soir à Tunis, Adèle Haenel n’a pas pris cette mission à la légère. Elle a participé à deux jours de formation intensive portant sur la navigation, la non-violence et la gestion du stress, autant d’éléments cruciaux pour affronter les difficultés à venir. Cette préparation n’est pas anodine : la présence de personnalités publiques à bord constitue un gage de sécurité pour l’équipage, qui risque très certainement d’être arrêté par les forces armées israéliennes avant d’atteindre les côtes palestiniennes.
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Plus d’une centaine de personnes devraient embarquer dimanche depuis la Tunisie à bord de cette flottille baptisée "Global Sumud" – "sumud" signifiant "résilience" en arabe. Cette initiative fait suite à deux tentatives précédentes de la Freedom Flotilla Coalition, bloquées par Israël en juin et juillet derniers.
Un cri d’alarme face à la crise humanitaire
Les motivations d’Adèle Haenel s’ancrent dans une réalité tragique sur le terrain. “Notre but est d’apporter de la nourriture et des médicaments à la population de Gaza qui est en proie à une famine délibérément orchestrée par le gouvernement israélien”, a-t-elle dénoncé.
L’actrice, devenue militante, ne mâche pas ses mots : “Nous sommes unis par la volonté d’agir pacifiquement pour ouvrir un corridor humanitaire et briser le blocus illégal imposé par l’État israélien à Gaza”. Cette déclaration illustre parfaitement l’évolution de celle qui avait marqué les esprits en quittant avec fracas la 45e cérémonie des César en 2020, indignée par le sacre de Roman Polanski, accusé de viols et d’agressions sexuelles par plusieurs femmes.
Depuis, Adèle Haenel s’est progressivement éloignée du cinéma pour se consacrer au théâtre et multiplier les engagements militants, notamment lors des manifestations contre la réforme des retraites.