La chanteuse Dua Lipa aurait viré son agent : que contenait la lettre polémique qui a tout fait basculer ?

Mis à jour le 9 janvier 2026 à 11:31
PA Photos/ABACA
En pleine controverse autour du groupe nord-irlandais Kneecap, Dua Lipa a tranché. La chanteuse britannique a mis fin à sa collaboration avec son manager de longue date, David Levy, après avoir découvert qu’il avait tenté de faire annuler la venue du trio à Glastonbury, une initiative jugée incompatible avec ses convictions.

Le passage du groupe nord-irlandais Kneecap, dimanche 24 août 2025, au festival Rock en Seine, n’aura laissé personne indifférent. Connu pour transformer ses concerts en tribune politique, le trio originaire de Belfast en avait profité pour prendre la parole sur la situation au Proche-Orient. Sur scène, les rappeurs n’ont pas mâché leurs mots. "[Benyamin] Nétanyahou est un criminel de guerre", ont-ils lancé devant le public de Saint-Cloud, avant de poursuivre : "si vous n’appelez pas cela un génocide, comment appelez-vous cela ?". Et de préciser toutefois : "Nous ne sommes pas contre Israël".

Une polémique qui les précède

La présence de Kneecap avait déjà fait polémique avant même leur montée sur scène. L’un de ses membres, Liam O’Hanna, alias Mo Chara, est poursuivi par la justice britannique pour "infraction terroriste". Lors d’un concert londonien en 2024, il s’était en effet enveloppé dans un drapeau du Hezbollah, organisation considérée comme terroriste au Royaume-Uni. Libéré après une première comparution mercredi dernier à Londres, il connaîtra le verdict le 26 septembre.

Cette affaire a eu des conséquences bien au-delà du festival. Les autorités françaises avaient annoncé surveiller de près la prestation du groupe. Surtout, le soutien institutionnel s’est effrité puisque la ville de Saint-Cloud a retiré sa subvention et la région Île-de-France a annulé ses aides, qui s’élevaient encore à 295 000 euros en 2024, sans compter 150 000 euros d’aides indirectes via l’achat de billets. Avec un budget compris entre 16 et 17 millions d’euros pour cette édition, Rock en Seine a néanmoins assuré que son équilibre financier n’était pas menacé. 

Dua Lipa assume ses convictions 

Si on pensait la polémique enterrée, Dua Lipa l’a quelque peu remise sur le devant de la scène. En effet, la chanteuse britannique a décidé de tourner une page importante de sa carrière. Après plusieurs années de collaboration, elle s’est séparée de son manager David Levy. En cause ? Une initiative jugée incompatible avec ses engagements personnels. Selon le Daily Mail, David Levy aurait rédigé et signé une lettre adressée à Michael Eavis, fondateur du festival Glastonbury, afin de réclamer l’annulation de la venue du groupe nord-irlandais Kneecap.

Dans ce courrier, les rappeurs étaient accusés "d’inciter à l’antisémitisme" et de "soutenir le Hezbollah". Bien que privée, la lettre a fini par être rendue publique, provoquant une onde de choc et la réaction immédiate de l’artiste. Une source proche de Dua Lipa explique que la chanteuse n’entend pas transiger sur ses valeurs. Militante affichée en faveur de la cause palestinienne, elle souhaite que ses représentants soient en phase avec ses engagements  et elle ne pouvait donc pas "tolérer que son manager adopte une position contraire à ses prises de position publiques".  

Une tentative d’"intimidation politique"

Malgré les pressions et les plaintes, Kneecap a finalement assuré sa prestation sur la scène de Glastonbury. Le trio de Belfast a dénoncé ce qu’il considère comme une tentative d’"intimidation politique". Les enquêtes policières ouvertes à la suite de leur participation n’ont, elles, donné aucune suite. Ce n’est pas la première fois que Dua Lipa prend position sur le sujet. En 2024 déjà, elle avait écrit en partageant un visuel du collectif Artists4Ceasefire : "Brûler vif des enfants ne peut jamais être justifié. Le monde entier se mobilise pour mettre fin au génocide israélien. S’il vous plaît, montrez votre solidarité avec Gaza". 

Par
Kahina Boudjidj