Gabriel Attal faisait l’objet du portrait de la semaine dans Sept à Huit sur TF1 ce dimanche 5 novembre 2023. S’il assure qu’il "n’aime pas" parler de lui – "C’est la première fois que je le fais, et peut-être la dernière", a-t-il prévenu -, le ministre de l’Éducation tenait à marquer le coup et sensibiliser le grand public au sujet du harcèlement scolaire qui pousse parfois au suicide d’enfants et d’adolescents. En poste, Gabriel Attal a rapidement mis fin à l’inactivité de ses prédécesseurs à ce sujet et révèle que son expérience en est sûrement la raison.
À la fin du collège, alors qu’il avait entre 14 et 15 ans, Gabriel Attal a commencé à subir l’acharnement d’un camarade de classe qui continue de le harceler encore aujourd’hui. À l’époque, il avait ouvert un Skyblog "sur lequel il fallait mettre des commentaires sur le physique des élèves. Et moi, à cette occasion, j’ai vécu un déferlement d’insultes et d’injures. Ça a duré plusieurs mois et ça a été très violent", raconte le ministre d’Emmanuel Macron. Ce camarade avait été vexé que la fille qui lui plaisait était allée au cinéma avec Gabriel Attal : "Il m’a dit : ‘Je vais te détruire’. Et c’et ce qu’il a cherché à faire derrière". Les commentaires le visant sur ce blog étaient discriminants et insultants : "Pédale, tafiole, tarlouze… C’était sur une orientation sexuelle supposée à l’époque, puisque j’en parlais pas".
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"Il postait des photos de mes amis puis allait mettre des commentaires en usurpant mon identité pour les insulter. Son objectif, c’était de m’isoler. Parfois j’arrivais le matin à l’école et mes amis ne voulaient plus me parler", se souvient le ministre de l’Éducation. "Ce qui était dur pour moi, et qui l’est aujourd’hui pour beaucoup de jeunes, c’est le sentiment qu’on n’a personne à qui en parler", explique-t-il, notamment concernant les injures homophobes. "Si je leur en parle, ils vont me dire ‘pourquoi est-ce qu’il dit ça ?’ et on allait rentrer dans une discussion dans laquelle je n’avais pas forcément envie de rentrer à cette époque-là avec ma famille", confie à Audrey Crespo-Mara celui qui a été traité de "pédé", confirmant un problème de taille mis en lumière récemment par Christophe Willem, lui aussi harcelé dans sa scolarité.
Si ce harceleur "a fini par quitter l’établissement", il a toujours une "obsession" pour Gabriel Attal, comme l’a constaté ce dernier en 2018 : "J’ai compris qu’il voulait pas me lâcher. Quand j’ai été nommé au gouvernement, tout de suite il a posté des messages sur les réseaux sociaux en faisant des références à mon homosexualité". L’année suivante, cet homme a dénigré le ministre dans un livre où il a également révélé l’homosexualité de ce dernier. Un geste cruel. "Je n’avais pas l’intention de me cacher, simplement, je souhaitais pouvoir en parler moi, au moment où je le voulais, de la manière dont je le voulais. J’avais des proches à qui je n’en avais pas encore parler. Il y avait une forme d’incursion dans mon intimité. C’était douloureux", témoigne celui qui n’a pas porté plainte pour une raison précise. "Il était dans une recherche permanente d’avoir une forme de lien avec moi. Et je ne voulais pas lui faire ce cadeau-là", explique Gabriel Attal.
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"Il a écrit que j’étais soulagé de la mort de mon père. C’est l’une des choses les plus terribles qui vous arrive dans la vie. Même ça, il a cherché à l’utiliser pour me salir. C’est ce qu’il y a eu de plus violent. (…) C’est immonde de dire un truc pareil. C’est monstrueux", raconte le ministre qui a perdu son père d’un cancer foudroyant en 2015. Ce que l’auteur du livre a écrit est un pur mensonge, puisque son père avait très bien pris la nouvelle. Le politicien a révélé son homosexualité à son père quelques heures avant sa mort, puisqu’il était tombé amoureux d’un homme. Il s’était alors retrouvé face à un "dilemme" à la fois "énorme" et "terrible" : "S’il réagit mal, je n’ai pas envie de passer ma vie avec ce souvenir des derniers moments avec mon père". Mais ce dernier était heureux qu’il lui ouvre son coeur : "il m’a sourit et il m’a dit ‘enfin, tu m’en parles ! J’espère que je serai sorti ce week-end de l’hôpital pour qu’il puisse manger le poulet à la maison dimanche avec nous’. Il s’est endormi, et le lendemain, il est mort".
Gabriel Attal a tenu à rendre hommage aux mères des enfants qui se sont suicidés à cause du harcèlement scolaire ces derniers mois : "Elles ont été exemplaires avec leur enfant. C’est l’institution qui n’a pas été exemplaire". Quelques semaines après son arrivée au ministère de l’Éducation, il a signé un décret afin que les enfants harcelés ne soient plus exclus des établissements. Ce sont désormais les enfants harceleurs qui doivent partir. "La peur doit changer de camp, la honte doit changer de camp. C’est aussi une question de justice", explique Gabriel Attal qui clame que "plusieurs dizaines" de harceleurs ont changé d’établissement depuis la rentrée. "Il y a une fin à la souffrance. (…) Je vais continuer à me battre", promet le ministre, qui compte prendre d’autres mesures pour protéger les enfants.