Distinguée pour son engagement écologique, Billie Eilish a pourtant refusé toute forme d’autosatisfaction. Le week-end du 17 janvier 2026, la chanteuse américaine a reçu le prix de la justice environnementale lors des Martin Luther King Jr Beloved Community Awards, une récompense venant saluer des années de mobilisation, dont un don massif de 11,5 millions de dollars à des organisations environnementales en 2025. Mais sur scène, l’émotion l’a largement emporté sur la célébration.
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Billie Eilish ne passe pas par quatre chemins
Dans son discours, relayé par The Hollywood Reporter, l’artiste a exprimé un profond malaise face au contraste entre cette distinction et la réalité du monde actuel."C’est très étrange d’être célébrée pour son travail en faveur de la justice environnementale à un moment où cela semble moins réalisable que jamais étant donné l’état de notre pays et du monde en ce moment", a-t-elle confié, visiblement troublée. Rapidement, Billie Eilish a élargi son propos bien au-delà de l’écologie, dénonçant la situation politique et sociale aux États-Unis.
Elle a évoqué les rafles menées par la police de l’immigration (ICE) ainsi que les violences récentes ayant endeuillé plusieurs villes du pays, notamment Minneapolis, où Renee Nicole Good, mère de famille, a été tuée par un agent fédéral deux semaines plus tôt. "Nous voyons nos voisins se faire kidnapper, des manifestants pacifiques se faire agresser et assassiner, nos droits civiques se faire dépouiller", a-t-elle lancé avant d’ajouter, la voix brisée : "Il est vraiment difficile de célébrer cela lorsque nous ne nous sentons plus en sécurité dans nos propres maisons ou dans nos rues".
Natalie Portman lui emboîte le pas
Cette prise de parole fait écho à une vague d’indignation qui traverse actuellement le monde culturel américain. Quelques jours plus tard, lors du festival de Sundance, Natalie Portman a elle aussi dénoncé la situation, après la mort d’un second habitant de Minneapolis, abattu le 24 janvier par des agents fédéraux. "Ce qui se passe dans notre pays est tout simplement obscène", a déclaré l’actrice, en larmes, évoquant une "journée horrible". Arborant un pin’s "Ice Out", elle a poursuivi : "Ce que Trump, Kristi Noem et l’ICE font à nos concitoyens et aux personnes sans-papiers est scandaleux et doit cesser", avant de saluer la mobilisation citoyenne : "Je suis très émue par les gens qui manifestent et s’entraident. Ils montrent le meilleur de l’Amérique en étant d’incroyables voisins et citoyens".
Natalie Portman n’a pas été la seule à utiliser la visibilité du festival pour faire entendre sa colère. Présente lors de la projection de The Invite, Olivia Wilde a qualifié la fusillade d’"incompréhensible", rendant hommage à "ces Américains courageux qui sont sortis pour protester contre l’injustice de ces ‘agents de l’ICE’". Le 25 janvier dernier, une manifestation s’est également tenue à Sundance en mémoire d’Alex Pritti et de Renee Good, tous deux tués par la police à Minneapolis. Parmi les participants, l’acteur Elijah Wood a été aperçu, selon Deadline. "Les personnes qui ont été abattues illégalement au Minnesota, c’est terrible", a-t-il déclaré au média spécialisé.
"Une semaine horrible": en larmes, l’actrice Natalie Portman a critiqué l’action "obscène" de Donald Trump et de la police de l’immigration ICE lors de la première mondiale de son film "The Gallerist" au Festival de Sundance aux États-Unis ⤵️ pic.twitter.com/CLdGELKfxY
— Agence France-Presse (@afpfr) January 27, 2026