Le nouveau film de Zabou Breitman, Le Garçon, ne fait pas seulement parler de lui pour ses qualités artistiques. À peine sorti en salles le 26 mars dernier, il se retrouve déjà au cœur d’une polémique judiciaire. La romancière Isabelle Monnin, autrice du roman Les Gens dans l’enveloppe publié en 2015, accuse la réalisatrice de contrefaçon et parasitisme. En cause ? Des similitudes troublantes entre son œuvre et le film. Le pitch du film : "Tout débute avec les photos d’une famille. Une famille inconnue, qu’on a l’impression pourtant de connaître. Au centre : ce garçon. Qui est-il ? Quelle est son histoire ? Et si chaque individu était aussi le héros involontaire d’un conte ? Une enquête familiale vertigineuse, où réalité et fiction se mêlent jusqu’à se confondre parfois".
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L’affaire remonte à 2016. À cette époque, la société Nolita Films, avec Zabou Breitman déjà pressentie comme réalisatrice, acquiert une option sur le livre d’Isabelle Monnin. Ce roman singulier mêle fiction et enquête réelle, à partir de vieilles photos anonymes achetées sur Internet. L’histoire ? L’écrivaine raconte : "En juin 2012, j’achète à un brocanteur sur Internet un lot de 250 photographies d’une famille dont je ne sais rien. Les photos m’arrivent dans une grosse enveloppe blanche quelques jours plus tard. Dans l’enveloppe, il y a des gens, à la banalité familière, bouleversante. Je décide de les inventer puis de partir à leur recherche. Un soir, je montre l’enveloppe à Alex. Il dit : ‘On pourrait aussi en faire des chansons, ce serait bien’".
Le projet d’adaptation cinématographique ne se concrétise finalement pas, faute de financement et l’option tombe, et les droits reviennent à l’autrice. Puis, presque 10 ans plus tard, Zabou Breitman revient avec un projet similaire : Le Garçon. Le film adopte la même démarche de départ — une enquête à partir de photographies anciennes — et mêle également fiction et réalité. Pour Isabelle Monnin, la filiation est évidente… Dans une assignation en justice, elle accuse la réalisatrice et la société de production de s’être inspirées de son concept et ce, sans son accord. Elle dénonce une "reproduction servile de son idée originale" et demande réparation.
La réalisatrice nie tout plagiat
De leur côté, Zabou Breitman et Nolita Films réfutent toute accusation de plagiat. Ils assurent que le scénario du Garçon est une création originale, développée indépendamment. Selon eux, si les démarches narratives se ressemblent, c’est uniquement en raison d’une inspiration commune autour de la mémoire et des images d’archives, et non d’une copie. Le tribunal judiciaire de Paris est désormais chargé de trancher et une audience est prévue le 3 juin prochain. L’enjeu va au-delà d’un simple différend artistique puisqu’il questionne la frontière parfois floue entre hommage, influence, et appropriation.