Virginie Efira cash sur le féminisme et la sexualité au cinéma : « Si je veux me foutre à poil, j’ai le droit non ? »

Publié le 1 mars 2024 à 9:29
Sebastien Fremont / Starface
Dans une interview accordée au magazine "Society", Virginie Efira a évoqué de manière très directe le féminisme et la représentation de la femme au cinéma, en évoquant notamment les scènes dénudées.

Depuis plusieurs années, Virginie Efira est l’une des têtes d’affiche du cinéma français. En 2023, elle décrochait le César de la meilleure actrice pour sa prestation dans le film Revoir Paris. Un an plus tard, la comédienne était de nouveau nommée dans cette catégorie, avec le film L’Amour et les Forêts. Dans ce long-métrage, elle y tient le rôle Blanche qui tombe sous l’emprise de Greg, incarné à l’écran par Melvil Poupaud. "Je ne sais pas si c’est un piège celui de l’amour et est-ce qu’un amour peut totalement se défaire d’une forme de, peut-être pas d’emprise, je n’utiliserai pas ce terme-là, mais de dépendance, mais quelque chose où l’on est accroché (…) Il n’existe pas de gens totalement monstrueux comme il n’existe pas de gens totalement bons non plus. Dans ce film, il y a quelque chose d’assez métaphorique sur le couple qui est rarement, je vais le comparer à un régime politique, une très grande démocratie", confiait l’actrice sur le plateau de C à vous en mai dernier.

Dans une interview accordée au magazine Society, Virgine Efira s’est confiée en toute franchise sur le féminisme et le cinéma. Elle a notamment pointé du doigt les critiques visant les scènes où les comédiennes sont dénudées. "Le féminisme que je peux défendre va complètement avec la fille à poil. Je me rappelle, au moment du Verhoeven, on me disait : ‘C’est une instrumentalisation de votre corps’, mais je dis : ‘Non!’ C’est l’inverse de tout ce que je pense. J’ai envie de me foutre à poil, j’ai le droit, non ? Je trouve passionnant, dans une vie, ce qu’est la libido, ce qu’est l’acte sexuel, et j’aime les films qui en parlent, qui le montrent, mais où il y a un point de vue. Je n’y vois pas juste quelque chose de marchand", commence-t-elle.

Bien décidée à défendre son point de vue, Virginie Efira ne va pas hésiter à contredire un grand réalisateur français. "La phrase de Truffaut qui disait : ‘Le cinéma, c’est faire faire de jolies choses à de jolies femmes’, c’est complètement dépassé selon moi. Je vois le corps et la sexualité comme des matières à travailler qui n’appartiennent pas qu’aux hommes et qui m’intéressent beaucoup. C’est pour ça que je l’ai souvent fait ces dernières années. Bon, maintenant, on va peut-être me dire : ‘C’est gentil, Virginie, mais dans chaque film, tu es à poil, ça va commencer à nous saouler.’ Alors qu’en vrai, s’il n’y a pas de point de vue, ça ne m’intéresse pas", a-t-elle ajouté.

Par
Aurélien Gaucher