Invitée par Élise Lucet dans l’émission Derush, diffusée sur YouTube à l’occasion du Festival de Cannes, Léna Mahfouf, alias Léna Situations, a livré un témoignage fort sur les enjeux de représentation dans l’univers de la mode, de la publicité et sur les réseaux sociaux. Face à un extrait de reportage sur la place des femmes dans les publicités, l’influenceuse a partagé une anecdote révélatrice : "C’est drôle j’étais avec ma team hier, on est que des meufs, que des noires ou des arabes, et la journaliste m’a demandée ‘mais c’est un choix ?’… Mais non ! Ce n’est même pas un choix de discrimination positive, c’est juste quand je rencontre une femme talentueuse, je la veux dans ma team et peu importe sa taille, sa couleur de peau ou ses origines, évidemment".
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Pour Léna, les réseaux sociaux ont permis une prise de parole longtemps empêchée : "C’est une fois que la conversation a pu être ouverte avec tout le monde sur les réseaux sociaux que des minorités ont pu dire : ‘Excusez-moi, ça va, on ne vous dérange pas ? On est complètement invisibilisées depuis des années’". Très attentive à ces sujets, y compris au sein de sa propre marque, Léna pointe le rôle des grandes enseignes : "Il faut se dire aussi qu’il y a cette notion maintenant de ‘quotas’. Je peux me retrouver sur une campagne parce que je vais ramener le côté diversité. Ok, je suis une femme maghrébine, mais je suis une version maghrébine acceptée par la publicité en France". Une vision qu’elle pousse encore plus loin : "Je pense vraiment que si j’étais une femme voilée avec des traits plus… ce que pensent les Français être ‘rebeu’, je n’aurais pas du tout les mêmes opportunités que j’ai aujourd’hui. Parce qu’il faut aller encore plus loin. C’est bien que j’aie ma place aujourd’hui, mais ce n’est pas suffisant".
L’influenceuse critiquée pour le choix d’une robe
Cette prise de parole intervient alors qu’une nouvelle polémique éclate autour de la tenue qu’elle portait à Cannes… Il s’agissait d’une robe ample signée The Row, la marque des soeurs Marie-Kate et Ashley Olsen, accompagnée d’un foulard dans les cheveux. Conforme aux nouvelles règles vestimentaires du festival – qui bannissent désormais nudité excessive et robes encombrantes – cette tenue a néanmoins été vivement critiquée sur les réseaux sociaux, certains l’assimilant à une abaya… Parmi les voix les plus virulentes ?
Déborah Abisror-De Lieme, cadre du parti Renaissance, qui a affirmé sur X, ancien Twitter : "L’entrisme passe d’abord par les codes vestimentaires, (…) Nos mères se sont battues pour que nos jupes puissent être courtes !". Face à cette prise de parole injustifiée et lunaire, Léna Situations a pris la parole sur son compte Instagram. "Pendant ce Festival de Cannes, j’ai appris que selon certains j’étais enceinte… et que j’avais rejoint les Frères musulmans. Grosse pensée à toutes les femmes, car s’il y a bien une chose que je continue d’apprendre, c’est qu’on ne plaira jamais à tout le monde", a-t-elle d’abord écrit.
La membre du parti Renaissance s’excuse
Et d’ajouter : "Une pensée à nos mères qui ont marché pour que nous puissions CHOISIR nos vêtements. Merci. Et une pensée encore plus grande aux femmes musulmanes qui vivent ces jugements au quotidien mais sans le soutien d’Internet pour les défendre". Suite à la vive polémique, Déborah Abisror-De Lieme a, une nouvelle fois, pris la parole sur X : "Je retire le tweet posté hier et présente mes excuses à Léna Situations. J’ai voulu aborder la mode du #modest qui se déploie sur les RS et concerne d’ailleurs différentes religions. Je l’ai fait maladroitement en citant en exemple une personne déjà largement ciblée par le harcèlement en ligne et c’était une erreur".
