“S’il vous plaît” : La fille de Robin Williams appelle les fans à cesser de lui envoyer des vidéos de son père générées par intelligence artificielle

Mis à jour le 9 janvier 2026 à 11:29
Ramey Agency/ABACA
Avec une colère froide et des mots percutants, Zelda Williams s’élève contre l’exploitation de l’image de son père, Robin Williams, décédé en 2014. Lassée de recevoir des vidéos générées par IA le mettant en scène sans consentement, elle dénonce une "profanation" numérique et rappelle que, derrière ces créations… il y a une mémoire à respecter !

"Vous ne faites pas de l’art, vous faites des hot-dogs dégoûtants et trop transformés à partir de la vie d’êtres humains, à partir de l’histoire de l’art et de la musique, pour ensuite les imposer à quelqu’un d’autre en espérant qu’il vous félicite et les apprécie". C’est par ces mots d’une rare colère que Zelda Williams a interpellé ses abonnés ce lundi 6 octobre sur Instagram. La fille de Robin Williams n’en peut plus… Depuis des mois, elle reçoit des vidéos générées par IA mettant en scène son père décédé en 2014, et ce qu’elle dénonce aujourd’hui, ce n’est pas seulement une pratique déplacée, mais une véritable déshumanisation.

Des hommages qui n’en sont pas selon Zelda Williams

Beaucoup de fans présentent ces créations comme des gestes d’amour envers l’acteur disparu. Pour Zelda, c’est tout l’inverse. "S’il vous plaît, arrêtez de m’envoyer des vidéos générées par IA de papa. Arrêtez de croire que je veux voir ça ou que je vais comprendre, ce n’est pas le cas et ça ne changera pas", a-t-elle exhorté les fans de son père. La popularité de Robin Williams, star immortalisée par Le Cercle des poètes disparus, Madame Doubtfire ou encore Will Hunting, alimente une production massive de vidéos fictives : fausses scènes de films, discours inventés ou séquences imaginant ce qu’il pourrait dire en 2025…

"Voir l’héritage de personnes réelles réduit à ‘ça leur ressemble vaguement, donc ça suffit’, juste pour que d’autres puissent produire des vidéos TikTok horribles en les manipulant comme des marionnettes, c’est exaspérant", a-t-elle écrit. Et d’ajouter : "Si vous avez un minimum de décence, arrêtez de lui faire ça, à lui, à moi, à tout le monde même, point final. C’est stupide, c’est une perte de temps et d’énergie, et croyez-moi, ce n’est PAS ce qu’il voudrait"

Une bataille ancienne contre l’Intelligence artificielle 

Cette sortie n’est pas un coup de colère isolé puisque Zelda Williams alerte depuis plusieurs années sur les dérives de l’intelligence artificielle appliquée aux artistes disparus. Dès mars dernier, face à une vague de vidéos imitant le style de Hayao Miyazaki, elle avait ainsi réagi : "Les gens partagent avec joie des mèmes et des photos générés par l’IA “façon Studio Ghibli”, comme si l’homme en question ne méprisait pas complètement le piratage technologique et ses effets négatifs sur notre environnement"

Et même bien avant cela, en 2023, elle pointait le problème fondamental, selon elle, qui n’était autre que celui du consentement. "Depuis des années, je constate que beaucoup de gens veulent entraîner ces modèles pour créer/recréer des acteurs qui ne peuvent pas donner leur consentement, comme mon père", a-t-elle regretté. Zelda avait alors prévenu ce qui est aujourd’hui une réalité : "J’ai déjà entendu parler de l’utilisation de l’IA pour faire dire à sa ‘voix’ tout ce que les gens veulent dire, et même si je trouve cela personnellement dérangeant, les ramifications vont bien au-delà de mes propres sentiments". "C’est stupide, c’est une perte de temps et d’énergie… et croyez-moi, ce n’est PAS ce qu’il voudrait", a-t-elle conclu en colère. 

Par
Kahina Boudjidj