La mise en examen de Sébastien Cauet a été un soulagement pour elle, mais sa vie est devenue un enfer. Le 18 novembre 2023, Julie Ollivier brise le silence. Originaire de Mâcon (Saône-et-Loire), la jeune femme âgée de 26 ans porte plainte pour viol et d’agression sexuelle contre l’animateur phare de la station NRJ. Depuis cette prise de parole, sa vie a été bouleversée.
À France 3 Bourgogne, ce mercredi 29 mai, elle raconte : "Des choses mauvaises, voire très mauvaises, me sont arrivées. Au début, j’ai parlé de façon anonyme sur un compte Twitter, ce qui m’a très vite valu des ennuis : j’ai été contactée par une fausse avocate, des gens sont venus sonner chez moi… c’était assez terrible". Entendu par la brigade des mineurs "fin mars", Julie Ollivier vit un moment "difficile" l’obligeant à se remémorer "comment se sont déroulés l’agression et le viol", mais aussi "des détails".
"C’est 15 ans de ma vie qui sont partis en fumée"
"Ça m’a à la fois soulagée et détruite, confie la plaignante. Donc pour oublier tout ça, je suis tombée dans l’alcool". Noyée dans un engrenage, elle perd son emploi : "Étant dans la fonction publique, ça n’a pas trop plu que je devienne ‘médiatique’". Désormais, la jeune femme est "hospitalisée pour le traumatisme et la dépendance à l’alcool" : "J’en rêvais, j’y pensais tout le temps, c’était obsessionnel". "Sous antidépresseurs", la plaignante essaie "d’avoir des projets dans la vie" mais "pour l’instant tout tourne autour de ça".
Et pour cause : "J’ai été incapable d’aimer et d’avancer dans la vie. C’est 15 ans de ma vie qui sont partis en fumée. Il va y avoir un gros travail de reconstruction à la fois morale et physique". Si Julie Ollivier a voulu "casser le tabou" pour "montrer que la parole libère et que les filles qui ont été victimes n’ont plus à avoir peur", elle ne pensait pas "que ça pourrait avoir autant d’impact".
"Je veux qu’il le reconnaisse"
Pour autant, la jeune femme ne souhaite pas rencontrer les quatre femmes ayant porté plainte contre lui pour les mêmes faits. Un choix qu’elle explique : "Je ne les connais pas et il vaut mieux que je ne les connaisse pas, afin d’éviter de donner du poids à la plainte pour extorsion en bande organisée". Quant à la mise en examen de Sébastien Cauet le vendredi 24 mai dernier, elle déclare : "Je ne sais pas si sur la reconstruction, la justice peut vraiment aider".
Elle conclut : "Ce que je voudrais aujourd’hui, c’est pouvoir le regarder dans les yeux et lui dire tout le mal qu’il m’a fait. Je veux qu’il le reconnaisse". Pour rappel, Sébastien Cauet a été placé sous contrôle judiciaire "avec notamment l’obligation de verser un cautionnement de 100 000 euros" " de ne pas faire d’antenne radio ou télé" et de "suivre des soins".