Une séquence diffusée mardi 13 janvier sur CNews a provoqué une vague d’indignation bien au-delà du plateau télé. À l’antenne, Pascal Praud commentait des images montrant des affrontements entre les forces de l’ordre et des agriculteurs mobilisés à Paris contre l’accord UE-Mercosur. Une analyse qui, par la référence explicite à la couleur de peau des manifestants, a immédiatement suscité de vives réactions. Face aux violences observées, l’animateur vedette de la chaîne a livré son interprétation douteuse de la situation…
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Une avalanche de réactions politiques
"Il y a les policiers qui font leur travail, et les gens en face sont blancs. C’est important de le dire, parce que ce n’est pas facile pour les policiers. Ils sont obligés de s’interposer avec des gens, avec qui ils partagent parfois les convictions, ou même les origines", a-t-il lancé sans détour. Des propos perçus par de nombreux responsables politiques comme suggérant qu’il serait plus aisé pour les forces de l’ordre d’intervenir face à des manifestants racisés, déclenchant un tollé immédiat. Très rapidement, la classe politique s’est emparée de la polémique. Le premier secrétaire du Parti socialiste, Olivier Faure, a, notamment, dénoncé une dérive idéologique assumée. "Il y a une extrême droite totalement décomplexée qui ne masque plus rien du fond de sa pensée, s’il est possible d’appeler ça une pensée…", a-t-il déclaré, appelant l’Arcom à intervenir.
Du côté de La France insoumise, Manuel Bompard a également réagi vivement, estimant que la ligne rouge avait été franchie : "En France, n’en déplaise à Pascal Praud, la police n’a pas à agir en fonction de la couleur de peau. Ces propos sont des propos racistes inacceptables. Nous saisissons l’Arcom et le procureur de la République". La séquence a aussi relancé le débat sur la régulation de CNews, déjà régulièrement pointée du doigt. Membre de la commission des affaires culturelles de l’Assemblée nationale, l’élue écologiste Sophie Taillé-Polian est montée au créneau. "La loi est bafouée, une fois de plus. Quand est-ce que l’Arcom y mettra un coup d’arrêt ?", a-t-elle dénoncé.
Pascal Praud dénonce une "séquence sortie de son contexte"
Face à la controverse, Pascal Praud a rapidement réagi sur son compte X, ancien Twitter, contestant toute interprétation raciste de ses propos. Il affirme être victime d’une instrumentalisation médiatique. "Stop à la polémique ! Place à la vérité. Certains veulent instrumentaliser une séquence sortie de son contexte pour me faire dire l’exact contraire de ce que j’ai exprimé à l’antenne", a-t-il écrit. Selon lui, son commentaire s’inscrivait dans un débat plus large, intervenu quelques instants plus tôt sur le plateau : "Quelques secondes avant de diffuser ces images, nous rapportions les propos d’Assa Traoré qui jeudi dans un débat organisé à l’Assemblée nationale accusait la police de racisme systémique".
Toujours sur X, l’animateur explique que son intention était précisément de contester cette accusation : "J’ai souligné avec ce face à face entre agriculteurs et forces de l’ordre qu’il n’en était rien. Les policiers font leur travail quelle que soit la couleur de peau des uns et des autres". Une mise au point jugée insuffisante par ses détracteurs, qui rappellent qu’il avait dans le même temps déclaré qu’il n’était "pas facile" pour des policiers de s’interposer face à des manifestants partageant les "mêmes origines"…
Stop à la polémique ! Place à la vérité.
Certains veulent instrumentaliser une séquence sortie de son contexte pour me faire dire l’exact contraire de ce que j’ai exprimé à l’antenne.
Quelques secondes avant de diffuser ces images, nous rapportions les propos d’Assa Traoré qui… https://t.co/YjZNEhug3Y— Pascal Praud (@PascalPraud) January 13, 2026