Pascal Praud s’en prend à Nagui après l’usage du mot « génocide » pour qualifier la guerre à Gaza

Mis à jour le 9 janvier 2026 à 11:30
En qualifiant de "génocide" la guerre menée par Israël à Gaza, Nagui a déclenché une vive polémique. L’animateur de France Inter a été vertement critiqué par Pascal Praud et plusieurs chroniqueurs de CNews qui l’accusent d’exagération et de "mensonge". 

Certains rapports, comme celui de HRW, montrent comment des actions comme la privation d’eau, la destruction d’infrastructures vitales, ou encore le blocage de l’aide humanitaire peuvent constituer des "actes de génocide" lorsqu’elles sont combinées avec un contexte d’intention et de ciblage collectif. Amnesty International juge qu’il y a suffisamment de fondement pour conclure que des actes de génocide sont ou ont été commis contre les Palestiniens de Gaza.

A Gaza, des constats accablants d’experts et d’ONG

Des experts des Nations unies appellent à reconnaître que Gaza subit une destruction continue et que "tant que les États débattent du terme – est-ce un génocide ou non –, la destruction se poursuit". Aussi, le comité spécial des Nations unies affirme que certaines pratiques israéliennes à Gaza sont "compatibles avec les caractéristiques du génocide", notamment l’usage de la famine, de la privation de ressources vitales mais tous ces éléments ne semblent pas suffire pour certains… 

Pourtant, même B’tselem, le Centre israélien d’information pour les droits humains dans les territoires occupés, l’affirme : "Un examen de la politique d’Israël dans la bande de Gaza et de ses conséquences horrifiques, ainsi que des déclarations de hauts responsables politiques et militaires israéliens concernant les objectifs de l’attaque, conduit à la conclusion sans équivoque qu’Israël mène une action coordonnée et délibérée pour détruire la société palestinienne dans la bande de Gaza. En d’autres termes : Israël commet un génocide contre les Palestiniens dans la bande de Gaza". 

Pascal Praud s’en prend à Nagui qui qualifie de "génocide" la guerre à Gaza 

Sur France Inter mercredi 30 septembre au matin, Nagui a prononcé le mot "génocide" pour qualifier la guerre d’Israël à Gaza. Dans l’émission "Pascal Praud et vous", le chroniqueur éponyme a tenu à évoquer le sujet et à contredire l’usage de ce terme par l’animateur. Il s’est aidé d’autres chroniqueurs présents sur le plateau de CNews afin d’aller dans son sens. Par exemple ? Pour Gérard Carreyrou, journaliste d’Europe 1, "le mot génocide ne correspond pas". Il l’assure sans détour : "C’est une guerre difficile, atroce (…) mais c’est la guerre".

Pour Gilles-William Goldnadel, avocat franco-israélien, et essayiste pro-israélien, ce serait carrément "un double mensonge" de la part de Nagui d’avoir utiliser le terme "génocide", puis d’avoir fait une référence à la guerre à Gaza avec la chanson "Brothers In Arms" du groupe British Dire Straits. Il explique : "D’abord la chanson dont il parle n’a strictement rien à voir avec Israël. Donc il utilise un prétexte complètement fallacieux. Et d’autre part il n’y a pas de génocide à Gaza. Il n’y a aucun élément juridique, aucun jugement qui a vu un génocide. Donc il est dans le double mensonge sur l’audiovisuel du service public. C’est quand même assez grave".

"Et quand on sait en plus les conséquences sur certains esprits faibles lorsqu’on répète à l’envie sur le service public que l’état juif commet un génocide… voilà. Je n’ai jamais entendu Nagui dire quoi que ce soit sur le 7 octobre en passant. Jamais", a-t-il conclu avec assurance ce qui est faux puisque le présentateur de N’oubliez pas les paroles avait même reçu des menaces suite à son message de soutien à Israël. Il avait confié à nos confrères de TV Magazine s’être pris des "volées de bois vert, des insultes, des menaces de mort et des remerciements". Il avait alors tenu à nuancer son propos en insistant sur le fait que le "point de vue des enfants palestiniens innocents est à défendre". Enfin, il avait posté un second message sur Instagram pour appeler à "la paix" et souligner "l’importance de protéger l’innocence des victimes"

Par
Kahina Boudjidj