« On sent qu’il y a certains sujets… » : pourquoi Anne Roumanoff abandonne certains sketchs aujourd’hui

Publié le 8 août 2023 à 10:45
Si l’humoriste pense que les professionnels du rire devraient pouvoir rire de tout, elle ne cache pas avoir abandonné certaines blagues à cause des réactions de son public.

Anne Roumanoff n’est pas connue pour avoir sa langue dans sa poche… et elle l’a une nouvelle fois prouvé dans un entretien accordé à La Marseillaise. L’humoriste s’est ainsi confiée à cœur ouvert sur l’évolution de son métier qui doit composer désormais avec les réactions parfois extrêmes du public.

A tel point qu’elle a fini par abandonner certaines blagues qui commençaient à poser problème aux spectateurs venus l’applaudir. Et surprise, il ne s’agit pas de sujets habituellement tabous et très délicats comme la religion ou le handicap. "L’inflation, c’est pas que ce n’est plus un sujet, mais il y a trois mois, on pouvait faire rire les gens sur le coût de l’augmentation de la vie, maintenant non. On sent qu’il y a certains sujets, quand on les aborde, où le public peut être angoissé… Il faut trouver d’autres manières d’en parler ou le faire par petites touches", a-t-elle souligné auprès de nos confrères.

"Je me cale beaucoup sur les réactions du public, je fais des ajustements perpétuels car il peut y avoir des sujets qui vont marcher à un moment et plus à un autre (…) Dans l’absolu, on doit être capable de parler de tout, de rire de tout. Après, il faut aussi avoir quelque chose à dire lorsqu’on aborde un sujet. Et même après 35 ans d’expérience, on sait qu’on ne sait pas, il y a toujours des surprises. Il y a des choses que l’on écrit qu’on pense drôle et le public pas du tout, et inversement", a-t-elle poursuivi en expliquant qu’il était difficile, même avec beaucoup d’expérience, de pouvoir prédire les réactions du public.

En juin dernier, c’est une autre déclaration d’Anne Roumanoff qui a beaucoup fait parler. L’humoriste a en effet pris la parole pour défendre la chanteuse Aya Nakamura qui fait régulièrement l’objet de critiques. Exemple récemment avec Nicoletta qui nous a confié sur un tournage que la star de la chanson était "vulgaire" et qu’elle "ne faisait pas de la musique" pour elle. "Je trouve qu’en France, il y a un mépris pour elle parce que c’est une femme, parce qu’elle est noire et parce qu’elle n’a pas les codes de certains trucs (…) Ça m’énerve quand les gens ont une espèce de mépris. Mais ferme ta gueule !"

Par
Pauline Hohoadji