“On les prive injustement” : Rachida Dati, ministre de la Culture, réagit à la fermeture de C8

Publié le 24 février 2025 à 13:15
Stevens Tomas/ABACA
Alors que la fermeture de la chaîne C8 est imminente, Rachida Dati, actuelle ministre de la Culture, a tenu à réagir à cette annonce et à ses conséquences. 

Nommée ministre de la Culture en janvier 2024 dans le gouvernement de Gabriel Attal, Rachida Dati a pris les rênes d’un ministère clé avec une volonté affichée de modernisation et d’ouverture. Ancienne garde des Sceaux sous Nicolas Sarkozy, puis maire du 7e arrondissement de Paris, elle a marqué son retour au sein du gouvernement avec des ambitions fortes pour la culture française. Dès son arrivée, elle a affirmé vouloir rendre la culture plus accessible à tous les citoyens et défendre les industries créatives françaises face aux géants du numérique. Elle s’est notamment engagée à soutenir le spectacle vivant, le cinéma et l’édition, tout en renforçant la protection du patrimoine. "La culture ne doit pas être un luxe, mais un droit pour tous", a-t-elle déclaré peu après sa nomination.

Rachida Dati réagit à la décision de l’Arcom

Interviewée par nos confrères du Journal du dimanche le 23 février, la ministre a notamment réagi à la fermeture de C8. Concernant la disparition de Touche pas à mon poste et la décision de l’Arcom, elle a expliqué : "L’Arcom est une autorité indépendante qui a été créée par un vote du Parlement. Les missions et les procédures ont été fixées dans la loi. La décision de l’Arcom a été prise après un long processus conforté par le Conseil d’État. Si une majorité de responsables politiques considèrent que ces règles sont injustes, il revient au législateur de les modifier".

Sur le fait que nos confrères auraient entendu des membres de l’Arcom se vanter d’avoir fermé C8, "On nous a demandé de virer Hanouna, on a fait notre boulot", Rachida Dati a répondu : "Je ne sais pas dans quel cadre ont été tenus ces propos. Mais, s’ils sont avérés, ils sont inacceptables et constituent une faute déontologique grave. Et dans ce cas, je m’en entretiendrai avec le président de l’Arcom afin de faire toute la transparence".

"On les prive injustement d’un média"

La femme politique a ensuite tenu à réagir concernant les demandes de supprimer l’Arcom. "Pendant longtemps, on a reproché aux responsables politiques de trop interférer dans le paysage audiovisuel, ce qui a conduit à la création d’une autorité indépendante dès 1982 et depuis jamais remise en cause. Aujourd’hui, quoi qu’on en pense, le paysage audiovisuel est divers", a-t-elle détaillé. Et nos confrères de lui souligner que "La conséquence directe est la perte d’emploi pour 400 salariés. D’un trait de plume". "Vous avez raison, il y a des conséquences sociales. Je pense à la secrétaire, à la maquilleuse, à tous les techniciens qui perdent leur emploi. Le paysage audiovisuel évolue, ce n’est pas la première fois qu’une chaîne s’arrête. Mais je resterai évidemment attentive au suivi social", a-t-elle assuré. Et de conclure, grave : "J’ai également une pensée pour tous ces téléspectateurs qui considèrent qu’on les prive injustement d’un média".

Par
Kahina Boudjidj