La puissance du mouvement #MeToo
Le mouvement #MeToo continue de libérer la parole des femmes et de révéler de nouvelles accusations de viols et agressions sexuelles dans le cinéma français.
Après le poignant et courageux discours de Judith Godrèche sur la scène des César en février dernier, les plaintes continuent d’affluer.
Cette fois, c’est le réalisateur Nils Tavernier, fils de Bertrand Tavernier, qui est dans le collimateur de la justice.
Deux plaignantes qui l’accusent de viol ont témoigné à visage découvert dans les colonnes de le Nouvel Obs ce vendredi 5 avril.
La première plaignante, Jennifer Covillault Miramont, dit avoir rencontré Nils Tavernier lorsqu’elle avait 12 ans en 1991 sur le tournage du téléfilm Sabine j’imagine. Aujourd’hui âgée de 45 ans, elle raconte son calvaire. À l’époque, le réalisateur, qui est également acteur, est âgé de 27 ans. “Il disait qu’il était amoureux de moi, ça ne choquait personne”, se rappelle Jennifer Covillault Miramont, avant d’évoquer un baiser forcé.
L’année suivante, après des mois d’échanges au téléphone, il convainc la mère de la jeune fille de la déposer chez lui pour discuter d’un rôle. Voyant en lui “un grand frère”, la mère de la jeune fille ne se méfie pas.
Une fois seule avec son bourreau, ce dernier l’emmène dans la chambre. “J’ai dit ‘non’, à deux reprises. Il a insisté : “’Tu peux pas me laisser comme ça’, m’a pris la main pour le masturber”, raconte-t-elle.
Une autre femme, Laura Lardeux, relate des faits similaires. En 2012, âgée de 19 ans, elle est comédienne sur le film “De toutes nos forces”, que Nils Tavernier dirige.
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L’emprise de Nils Tavernier
Au début du tournage, le réalisateur exerce son emprise sur la toute jeune fille
Ce dernier la rejoint dans sa chambre à l’hôtel où est logé la production. “J’ai dit ‘non’ plusieurs fois. J’ai fini par laisser faire, j’ai fermé les yeux. Après la pénétration, il m’a dit de partir pour ne pas qu’on nous voie”, témoigne-t-elle.
Les deux victimes se sont tues toutes ces années, “par honte”, et de peur que leur témoignage mette fin à leur carrière d’actrice.
“Il s’est approché de moi, je n’ai pas osé partir. Je l’avais vu crier fort sur le tournage, j’avais peur d’être viré, de me retrouver blacklistée du cinéma, vu sa notoriété”, déclare d’ailleurs Laura Lardeux.
Nils Tavernier, contacté par Le nouvel Obs, le réalisateur se dit “abasourdi” par ces accusations et affirme “n’avoir rien à se reprocher”. Pas encore contacté par la justice selon son propre aveu, il refuse de répondre aux questions des journalistes. “Vous évoquez deux plaintes pour viol, c’est inouï”, a-t-il cependant déclaré à nos confrères du Nouvel Obs.
Le témoignage de ces deux femmes en entraînera-il d’autres contre le réalisateur de 58 ans ?