« Le féminisme victimaire me crispe » : Claire Chazal très critique vis à vis de la société actuelle

Publié le 31 août 2023 à 6:40
Berzane Nasser/ABACA
Alors qu'Eric Dupont-Moretti a créé la polémique en tenant des propos jugés sexistes devant des journalistes féminines, Claire Chazal a évoqué la sortie du ministre de la Justice et en a profité pour livrer son regard pour le moins critique sur la société actuelle.

Il n’aura fallu que d’une phrase pour déclencher la polémique. Lors d’un déplacement à Aurillac, le lundi 28 août, Eric Dupond-Moretti a tenu des propos problématiques face à des journalistes féminines. "Je constate que parmi les journalistes femmes qui m’ont interrogé, personne n’était devant moi les seins nus, hein. Il ne faisait pas assez chaud ?", a lancé le garde des Sceaux. Dans un communiqué, la SDJ de BFMTV a fermement condamné cette sortie. "La société des journalistes de BFMTV condamne les propos tenus hier par le ministre de la Justice à Aurillac et adressés à plusieurs journalistes dont deux consœurs de la rédaction. De telles déclarations prononcées devant caméras et micros, et en présence de nombreux témoins, sont inappropriés", peut-on lire.

Présente dans l’émission Le Buzz TV ce mercredi 30 août, Claire Chazal a évoqué cette polémique. L’ancienne animatrice du JT de TF1 a exprimé ses doutes vis à vis de l’ampleur que prenait l’affaire. "On le sait bien, Eric Dupond-Moretti est fort en gueule, il s’exprime avec sa faconde, ses images personnelles. Pardon de dire ça, mais c’est presque dérisoire, je ne pense pas qu’il porte atteinte à la liberté de la femme. Je crois que c’était une plaisanterie qui est peut-être mal venue, je ne sais pas", a-t-elle commencé. La journaliste, aujourd’hui sur France Télévisions, en a profité pour livrer son analyse de la société actuelle. L’ancienne compagne de Patrick Poivre d’Arvor n’a pas hésité à condamner une certaine forme de féminisme.

"La société victimaire me crispe. Notamment, le féminisme victimaire. Je suis féministe. J’ai grandi comme ça, avec une mère qui travaillait, qui était professeure. Et je crois que ma vie a montré que j’exerçais ma liberté et ma volonté d’incarner quelque chose, de me réaliser et de vivre libre. Je ne me sens pas victime. Je me sens maîtresse de mon destin et de ma position et complètement l’égale des hommes. C’est une question sûrement générationnelle, ce n’est pas ma génération. Je peux la comprendre", a-t-elle commencé. "Les violences faites aux femmes sont un vrai problème, je ne les minimise pas. Il y a des dangers qui les guettent avec notamment le viol, où elles n’ont aucun moyen de se défendre. Et c’est une cause essentielle. En revanche, dans nos milieux privilégiés, j’estime qu’une femme peut se défendre et moi, je crois, j’ai toujours réussi à me défendre. Chez TF1, il fallait se battre et on se battait contre des femmes qui étaient des concurrentes, contre des hommes aussi", ajoute la journaliste.

Par
Aurélien Gaucher