Laure Manaudou prend un nouveau tournant. Après avoir couvert les Jeux Olympiques de Paris 2024, l’ancienne championne de natation se lance dans le bien-être, ou plutôt dans la kinésiologie, une pratique qui puise ses racines dans la médecine chinoise. Dans les colonnes de Femme Actuelle, la maman de Manon, Lou et Sacha se réjouit d’avoir terminé son "cursus en kinésiologie" dans cette technique holistique de rééquilibrage psycho-corporel qui vise à aider les personnes sur le plan émotionnel et physique."J’ai validé mes 600 heures de stage, il ne me reste plus qu’à passer la certification", explique Laure Manaudou avant de préciser cette nouvelle orientation : "Comment gérer en groupe, comment aider les personnes psychologiquement est quelque chose qui me passionne". Une nouvelle activité qui inquiète, et pour cause.
Si la kinésiologie est reconnue dans certains pays, comme le Canada, elle reste une pratique non reconnue en France. Fondée dans les années 1960 par le chiropracteur américain, le Dr George Goodheart, cette pratique repose sur l’évaluation de la condition neurologique d’un patient avec un "test musculaire". En juin 2023, l’Ordre des médecins a mis en garde contre les risques de dérives sectaires liés à certaines médecines alternatives, incluant la kinésiologie.
Le possible danger d’"emprise mentale"
De son côté, la Miviludes (Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires) pointe du doigt cette activité et le possible danger d’"emprise mentale" des thérapeutes autoproclamés sur leurs patients, avec des formations dont le contenu, la durée et les coûts varient considérablement. Sur son site, l’observatoire interministériel des dérives sectaires met en effet en garde contre la kinésiologie, dont "les thèses développées par ces pseudo-thérapeutes s’appuient sur une approche psychologisante reposant sur trois postulats : la culpabilité du patient dans le développement de sa maladie ou de son mal-être, l’angoisse de la maladie et la revendication d’un mieux-être dans une société individualiste et matérialiste".
Et pour cause : "Cette prétendue ‘nouvelle médecine’ repose sur le postulat selon lequel toute maladie est la résultante d’un choc psychologique intense et d’un conflit intérieur non résolu". La Miviludes indique que cette pratique "met en danger l’adhérent dès lors qu’il est atteint d’une pathologie grave ou qu’il développe des dysfonctionnements mentaux induits par son thérapeute". Elle ajoute : "Outre la victime directe, ces situations sont à l’origine de ruptures familiales douloureuses, notamment pour les enfants". Pour l’heure, Laure Manaudou n’a pas réagi aux nombreuses inquiétudes que suscitent sa reconversion.