La créatrice de Persepolis a décliné la plus haute distinction française qui devait lui être remise en janvier 2025, pointant du doigt la politique d’attribution des visas et le traitement réservé aux dissidents iraniens.
Pourquoi Marjane Satrapi refuse-t-elle la Légion d’Honneur ?
C’est dans un courrier adressé à la ministre de la Culture Rachida Dati que Marjane Satrapi, artiste franco-iranienne de 55 ans, a fait part de son refus de la Légion d’honneur. Promue au rang de chevalier en juillet 2024, elle explique que sa décision "repose sur des principes qui me sont chers et sur mon attachement à ma patrie de naissance". L’autrice, naturalisée française en 2006, précise que son geste "n’est en aucun cas un acte de mépris envers cette institution ou les valeurs qu’elle incarne".
Marjane Satrapi dénonce la politique d’attribution des visas
Dans une vidéo publiée sur Instagram, la réalisatrice de “Poulet aux prunes” pointe particulièrement du doigt ce qu’elle perçoit comme "une attitude hypocrite de la France vis-à-vis de l’Iran". Elle dénonce notamment le traitement différencié dans l’attribution des visas : "Je ne peux plus voir les enfants des oligarques iraniens venir passer des vacances en France, voire se faire naturaliser alors que les jeunes dissidents ont du mal à obtenir même un visa touristique". Marjane Satrapi regrette que de "jeunes Iraniens épris de liberté, des dissidents, des artistes, se voient refuser des visas" pendant que d’autres "se baladent à Paris comme à Saint-Tropez sans que cela ne pose aucun problème".
Marjane Satrapi appelle à des actions concrètes pour soutenir le peuple iranien
L’autrice de Persepolis insiste sur la nécessité d’un soutien plus tangible au peuple iranien : "Soutenir la révolution des femmes en Iran ne peut pas se résumer à des photos avec des victimes ou des célébrités lors des commémorations de la mort de Mahsa Amini".
Elle évoque son geste comme "une marque de solidarité avec les Iraniens, surtout avec les femmes et avec la jeunesse iranienne, mais aussi avec [ses] compatriotes français retenus en otage en Iran". "Les Iraniens n’ont pas besoin de communication, nous avons besoin d’actions concrètes", affirme celle qui conclut son message en déclarant : "Je serai honorée lorsque tous les défenseurs de la liberté le seront à mes côtés".