Guillaume Meurice fait beaucoup parler de lui depuis le 29 octobre dernier. Dans une chronique tenue dans l’émission Le Grand Dimanche Soir sur France Inter, où il évoquait notamment le conflit israélo-palestinien, l’humoriste de 42 ans a suscité une grande polémique après avoir tenu des propos controversés sur Benyamin Netanyahou, le Premier ministre d’Israël : "Halloween approche et tout le monde commence à chercher un déguisement pour faire peur. En ce moment, le déguisement Netanyahou marche pas mal. C’est une sorte de nazi, mais sans prépuce."
Face aux nombreuses réactions vives qui ont suivi la chronique de Guillaume Meurice, Charline Vanhoenacker, l’animatrice et productrice du Grand Dimanche Soir, a tenu à prendre la parole sur Twitter ce mercredi 1er novembre : "Chères auditrices et auditeurs, Je vous écris au titre de productrice et animatrice du Grand dimanche Soir, émission au cours de laquelle l’accroche d’une chronique satirique a offusqué beaucoup d’entre vous. Si vous vous êtes sentis blessés, j’en suis profondément navrée", a dans un premier temps déclaré la journaliste de 45 ans, avant de prendre la défense de Guillaume Meurice : "Je comprends que la réception du message puisse paraître violente, car lorsque la satire évoque une guerre, le reflet grossissant de la caricature est une catharsis. C’était l’intention précise de Guillaume Meurice dont l’accroche ciblait un seul et unique individu : Benjamin Netanyahu, d’ailleurs nommé dans la phrase. Toute interprétation élargie à la communauté juive en général est une affaire d’interprétation (compréhensible tant l’émotion domine), et dans le cas de l’extrême-droite, une dangereuse instrumentalisation."
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"L’antisémitisme est une abomination qui n’a pas sa place dans notre émission, je m’en porte garante, d’autant que je lutte depuis toujours contre les appels à la haine dans les médias et à travers les réseaux", poursuit Charline Vanhoenacker. "La satire politique, joyeux fleuron de la liberté d’expression, est souvent une prise de risque, parfois un raté aux yeux du public, et le contexte peut constituer la frontière entre les deux. C’est le cas ici. Le climat de division, d’incompréhension et de haine qui règne en France actuellement rend l’exercice démocratique de l’humour très délicat, et j’estime, à titre personnel, que la tension a été mal jaugée." La Belge a ensuite regretté le traitement dont faisait l’objet son chroniqueur depuis dimanche dernier : "Toutefois, cela ne mérite pas les menaces dont Guillaume fait l’objet. Cela ne mérite pas non plus les accusations d’antisémitisme qui constituent une violence à notre encontre. Des accusations dont la généralisation à l’ensemble de la chaîne sont injustifiées, absurdes et malveillantes. Je tiens donc ici à lever toute ambiguïté : l’antisémitisme, l’islamophobie ou n’importe quel message de haine n’aura pas une seconde d’antenne dans notre émission."
Charline Vanhoenacker a ensuite conclu son intervention en appelant au calme dans ce contexte tendu : "J’ai toujours fait le choix de ne pas lire au préalable les textes de mes chroniqueurs, afin de leur laisser leur entière liberté d’expression. C’est ma mission de productrice, je suis garante de la liberté d’expression dans mon émission. Je préfère prendre le risque d’une maladresse plutôt que la censure. Je réitère mon engagement à défendre la liberté d’expression, le droit à la satire et au blasphème, avec les scrupules nécessaires à la paix sociale. Ce sont ces principes que j’ai d’ailleurs réaffirmés dans mes dernières chroniques sur l’antenne, à propos des vertus du rire au lendemain des drames collectifs. Je nous souhaite des temps apaisés, de la concorde et du rire retrouvé."
Bonsoir la France Inter pic.twitter.com/MkNJ9Tvk5H
— CharlineVanhoenacker (@Charlineaparis) November 1, 2023