“Je suis inquiet pour la sécurité de Miss France” : Le président de la société prend sa défense après la polémique autour de Charlie Hebdo

Publié le 13 janvier 2025 à 9:07
Betrand Noel / SIPA
C'est une polémique qui a déjà fait couler beaucoup d'encre. Angélique Angarni-Filopon, Miss France 2025, a été prise à partie après avoir refusé de donner son avis sur Charlie Hebdo. Frédéric Gilbert, président de la Société Miss France, a décidé de prendre la parole pour la défendre. 

Le 8 janvier dernier, Miss France 2025 était l’invitée de Valérie Expert et Gilles Ganzmann sur Sud Radio. Alors qu’il lui avait été demandé si elle était "Charlie", Angélique Angarni-Filopon n’a pas souhaité répondre et ce malgré l’insistance des chroniqueurs qui lui ont demandé ce qu’elle pensait de la liberté d’expression et le droit au blasphème. "Je ne veux pas me prononcer", avait-elle alors répondu. Depuis, cette réponse a fait couler beaucoup d’encre au point que la jeune femme a dû prendre la parole pour se justifier. "Peut-être que cela a été maladroit mais dans ma fonction de Miss France, je me dois une neutralité sur certains sujets pour éviter tout malentendu et susciter toute controverse", a-t-elle précisé. Et d’ajouter : "Mais je comprends que ma non-réaction sur ce sujet aussi sensible ait pu susciter autant de commentaires"

Frédéric Gilbert, président de la Société Miss France, prend la parole

Miss France 2025 a également ajouté que "cela serait une aberration de penser (qu’elle) puisse cautionner des actes aussi barbares et qui laissent des familles endeuillées". "Charlie Hebdo touche à des enjeux profonds et bien évidemment, la liberté d’expression est primordiale en France", avait-elle conclu. Dimanche 12 janvier, conscient de la vive polémique, Frédéric Gilbert, président de la Société Miss France, a décidé de prendre la parole auprès de nos confrères du Parisien. "Cette polémique est d’une violence inouïe. Elle va un peu loin. Il y a des gens qui peuvent tomber sur ce dessin et n’ont pas tous de l’humour. Je suis inquiet pour la sécurité de Miss France. C’est une vraie question que je me pose aujourd’hui. Tout est passionnel. Et quel que soit ce qu’Angélique aurait pu répondre, il y aurait eu une polémique, beaucoup lui seraient tombés dessus. Elle prend cher, elle prend beaucoup depuis le 14 décembre. À force de taper, ça blesse", a-t-il détaillé.

Un devoir de réserve 

Il a expliqué la réaction d’Angélique Angarni-Filopon et l’a justifiée. "D’abord, Angélique était encore dans une semaine médiatique post-règne, toujours un peu dans l’euphorie de son élection. Elle a été complètement prise au dépourvu par cette question et elle s’est mise en mode automatique comme on le lui demande : ne pas s’exprimer en tant que Miss France sur les sujets politiques et religieux. Elle n’a pas voulu non plus réagir à la mort de Jean-Marie Le Pen. C’est une demande de notre part. Certes, le concours a évolué, mais on en oublie que Miss France, c’est quand même du glamour, du rêve, et on peut porter des causes bien sûr, mais dès qu’on aborde un sujet clivant, c’est tout de suite catastrophique en termes d’agressivité", a expliqué le président de la société. 

S’il reconnait "une petite maladresse", il a tenu à rappeler que "les Miss France sont systématiquement agressées sur les réseaux sociaux". "Ce n’est pas parce qu’elles sont à l’aise, comme Angélique, qu’elles doivent donner un avis sur tout. Il y a un devoir de réserve", a-t-il fait savoir. Pourquoi évoquer une nouvelle fois le sujet alors ? "Parce que c’est Angélique, mais aussi l’institution Miss France qui est attaquée, et que je me dois de répondre, soutien le boss des Miss. Je la défends et j’explique aussi pourquoi on se retrouve dans cette situation", a-t-il conclu. 

Par
Kahina Boudjidj