La lassitude a fini par l’emporter… Dans la nuit du 21 au 22 janvier, Vanessa Le Moigne a pris la parole sur Instagram pour annoncer un tournant majeur dans sa carrière. Après six années passées à couvrir le football pour beIN Sports, la journaliste sportive a décidé de s’éloigner de ce milieu, épuisée par le harcèlement dont elle dit être victime depuis la finale de la Coupe d’Afrique des Nations entre le Sénégal et le Maroc. Dans une série de stories publiées tard dans la nuit, elle a officialisé ce choix sans détour : "Merci la CAN pour les émotions. Next. Merci le foot pour les rencontres… pour les beaux moments. Mais Next".
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Vanessa Le Moigne victime de harcèlement, elle prend une décision radicale
"Fin de saison j’arrête et maintenant je me sens libérée. Vous n’aurez plus mon dos", a-t-elle ajouté. Une annonce lourde de sens, qui intervient dans un contexte de forte tension autour de son travail. La polémique remonte à l’après-match de la finale de la CAN, marquée par des incidents en fin de rencontre. Lors de l’interview du gardien sénégalais Édouard Mendy, Vanessa Le Moigne avait lancé : "J’hésite à vous dire félicitations, je vais vous laisser commenter tout ce qui s’est passé sur la fin, c’est dramatique". Une phrase aussitôt interprétée par certains internautes comme une insinuation de tricherie, déclenchant une vague de réactions virulentes sur les réseaux sociaux.
Face aux critiques, la journaliste avait rapidement tenu à remettre les choses dans leur contexte en publiant l’intégralité de l’échange. Elle expliquait alors : "À ce moment-là, je ne sais pas si les deux jeunes que j’ai vu sortir sur une civière, inanimés, sont en vie. Je ne parle pas de football. Des supputations d’arrangement pour la ‘paix’ circulent sur les réseaux. Je dois poser les questions et cette question-là sur le penalty pour que la réponse de l’un des acteurs existe". Des précisions qui n’ont finalement pas suffi à faire retomber la pression. Au fil des jours, les messages insultants et violents se sont multipliés, poussant Vanessa Le Moigne à une réflexion plus large sur son rapport au football et à son environnement professionnel.
BeIN Sports réagit
Dans ses stories, elle évoque aussi un profond sentiment de solitude et un manque de soutien : "Que les supporters ne comprennent pas, c’est ok ! Mais mes amis, mes ‘pairs’ à l’affût de mon moindre fourchage de langue depuis des années : ils sont meilleurs visiblement. Sans aucun doute ! Je leur laisse la place". Très personnelle, sa prise de parole fait également référence à une épreuve intime récente : "J’ai perdu mon père il y a moins d’un an. Qu’est-ce qui peut me faire plus mal ? Pas ça et pas vous". Malgré tout, la journaliste précise qu’elle n’abandonne pas son poste immédiatement.
"Je précise que je termine la saison. La Ligue 2 n’a pas besoin de moi, mais je finis ce que j’ai commencé et après je fais autre chose. S’il y a autre chose à faire. Rendez-vous samedi à Guingamp. Merci d’éviter les panenka je prendrai ça comme une provocation", conclut-elle, mêlant gravité et ironie. Contactée par L’Équipe, la direction de beIN Sports a réagi avec prudence. La chaîne indique "ne pas commenter les prises de parole individuelles de [ses] collaborateurs sur leurs réseaux sociaux", tout en rappelant sa position de principe : "Nous condamnons avec la plus grande fermeté, aujourd’hui comme par le passé, toutes les formes d’attaques visant les collaborateurs de beIN Sports".