Temps présent, l’‘équivalent suisse d’Envoyé spécial, a diffusé le 19 janvier dernier "Mike Horn, la face cachée de l’aventurier". Dans ce reportage, l’émission revenait notamment sur les années passées par l’aventurier et présentateur d’A l’état sauvage (M6) et Survivre à l’impossible (RMC Découverte) dans l’armée sud-africaine lors de l’apartheid. "Le document (…) relève quelques-uns des nombreux mensonges que Mike Horn a racontés, avec des récits qui varient au fil du temps", précisent nos confrères du Parisien/Aujourd’hui en France.
Mike Horn, qui a commencé son service militaire au milieu des années 1980, a ensuite rejoint volontairement à 19 ans le bataillon 101 engagé notamment dans la guerre qui s’est déroulée à la frontière entre l’Afrique du Sud et la Namibie. Un bataillon qui faisait partie, selon de nombreux témoins, des "bataillons assassins" qui "traquaient tous ceux qui luttaient contre le régime de l’Apartheid", écrivent nos confrères. Cette unité serait d’ailleurs impliquée dans un "massacre lors d’un meeting de la SWAPO (un groupe armé rebelle, en lutte pour l’indépendance de la Namibie) dans la capitale namibienne Windhoek".
Sa version des faits
Interrogé sur ses agissements dans le reportage suisse, Mike Horn a tenté de botter en touche dans un premier temps. "C’était il y a tellement longtemps… Je dois regarder dans mon agenda… Je ne suis pas sûr que j’étais présent", a-t-il affirmé avant de de défendre d’avoir seulement "jouer un rôle dans la protection" de son pays. "Les gens pensent qu’on chassait et qu’on tuait. Moi, je chassais des gens qui voulaient tuer d’autres gens. Comme un policier. Je ne cherchais pas à tuer mais à empêcher des mauvais éléments de tuer des gens que j’aime", a-t-il ajouté en précisant ensuite que les expéditions militaires étaient aussi banales pour lui à l’époque "qu’aller chercher des croissants".
Quelques jours avant la diffusion du reportage, Mike Horn est de nouveau sorti du silence en envoyant un long message à la production du magazine. "J’ai strictement obéi aux ordres qu’on me donnait. Je n’avais pas un amour particulier pour le régime de l’Apartheid. Je n’ai fait que remplir mon devoir civique", a-t-il affirmé dans ce message repris par nos confrères en clamant ne pas avoir pris part au massacre en question. "Je n’ai jamais soutenu le régime de l’Apartheid, non seulement durant mes obligations militaires, mais également une fois celles-ci accomplies. Je n’ai jamais entretenu de relation avec le bataillon 101 ni avec ses membres", a ajouté Mike Horn. S’il "regrette d’avoir pris part à ces opérations", l’aventurier star du petit écran reconnaît "assumer parfaitement tout ce qu’il a fait dans sa vie".
Clara Kolodny